(Tribune) La Pax-Americana ou la toute-puissance

(Nous rappelons que les opinions de nos contributeurs n’engagent qu’eux et ne lient en aucun cas la rédaction de la Pravd’Assas, ndlr)


10394078_10205374412742232_3378403857545902301_nYann Chriqui Abitbol : Etudiant en seconde annee de droit, adorateur du Verbe, amateur de politique et de litterature, il se dit que l’esprit de contradiction m’anime.

 

 

 


(Cette tribune vient en réponse des tribune suivantes: http://wp.me/p6Y9Zc-68, http://wp.me/p6Y9Zc-6e, ndlr)

 

A l’heure d’une résurgence de l’idéal réactionnaire guerrier*, qui aime à réinventer la France et son histoire, au gré de l’opportunité, les idées néo-conservatrices américaines trouvent un écho surprenant, dans un pays qui se fait une fierté du discours prononcé par Dominique de Villepin à l’ONU (actant le refus de la France d’intervenir une seconde fois en Irak). La première guerre du golfe avait apparemment suffi – temporairement – à nos gouvernants pour prendre la mesure des dangers de l’ingérence, lorsqu’aucun de nos intérêts propres ne s’attachent à une telle intervention.

On aurait pu espérer que l’irresponsabilité de notre intervention en Lybie et son résultat désastreux – l’enlisement du monde arabe – eut constitué un autre exemple suffisamment édifiant pour que ne soient nourries de telles velléités. Les espoirs sont vains. Il faudrait intervenir, encore et toujours, pour lutter contre Daesh. Le pacifisme européen serait à l’origine de l’existence du terrorisme islamiste. Croire que la paix viendrait du pacifisme serait une chimère, la paix ne pourrait venir que des armes. L’Islamiste radical serait le nouveau Nazi, Bruxelles serait Munich. Doutons.

Une société démocratique qui érige la paix en valeur essentielle, ne peut être que pacifiste. Mais le pacifisme n’a de sens que s’il est porté par l’action. Etre pacifiste, ce n’est pas refuser d’agir, c’est agir autrement (sanctions diplomatiques, économiques, et parfois la force*). Nous avons avec succès appliqué cette vision du monde à l’échelle de notre continent, mais la tentation néocolonialiste de certains de nos dirigeants (volonté de préserver ci et là des privilèges acquis de notre présence antérieure) ou celle de s’aligner avec les intérêts américains (eux-mêmes en proie à des démons impérialistes), a conduit à ce que nous prenions part à de nombreux conflits, sans que nous y trouvions toujours un quelconque intérêt, tant pragmatique qu’idéal.

Mais la comparaison avec Munich est indécente : Daesh n’est pas un état. Et si certes, notre lenteur à réagir face à des pays comme la Turquie est condamnable, il faut prendre en considérations les éventuelles conséquences de réactions trop brutales. Les accords de Munich auraient-ils été si honteux si la guerre n’avait pas eu lieu ? [On ne s’étonnera pas par ailleurs de ce que les mêmes qui osent la comparaison proposent sur le plan intérieur des solutions dignes d’un régime policier (… vichyste ?). Mais le plan intérieur n’est pas ici le propos.] Daesh est une idée. Une idée qui dérive de l’Islam, mais qui n’est pas l’Islam. Une idée néanmoins portée par des hommes.

A cette idée, doivent répondre nos valeurs. A ces hommes, les armes peut-être, mais non les nôtres. Le terrorisme est contrairement à l’Etat, « désorganisé ». Il est diffus, impossible à saisir. Comment combattre par le feu l’ennemi qui ne peut être distinctement désigné ? Lorsqu’il pourrait l’être, l’idée qui l’a créé continuerait d’exister, de sorte que la mort, infligée aux uns terroristes, aux autres non terroristes, l’aura été inutilement par rapport à son but final – l’« éradication». Notre posture doit demeurer pacifiste : sanctions diplomatiques, économiques, appliquées aux pays dont on démontrerait qu’ils soutiennent l’organisation Daesh.

Notre devoir s’arrête aux limites de nos frontières (nationales ou européennes) ! En quel nom faudrait-il que les serviteurs de notre nation les plus valeureux, nos soldats, aillent sur un front lointain, pour défendre une patrie qui n’est pas la leur, la nôtre ? Cessons de faire couler le sang des autres, et le nôtre, ailleurs que dans les sillons de notre continent et de notre patrie !

A ce petit garçon* tout puissant, jouant à la guerre, il est temps de cesser de verser ce macabre tribut.


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