De la nécessité de s’indigner du traitement réservé à Finkielkraut

 

(Nous rappelons que les opinions de nos contributeurs n’engagent qu’eux et ne lient en aucun cas la rédaction de la Pravd’Assas, ndlr)


 

12674259_10205430189860559_1000472520_nFrères de sang et d’épée Yaël Michel (L1 – Droit) et Ralph Cohen (L2 –12660360_448858828617829_1694582411_n.jpg CDD) pourfendent le politiquement correct depuis leurs années lycée. Fans de Napoléon, de René Coty et du Paris Saint Germain, ils aspirent aux plus hautes fonctions dans le souci d’assurer le renouveau des élites politiques. Aujourd’hui, ils mettent leur plume au service de la Pravd’Assas pour s’assurer de traîner le plus de casseroles possibles dans leur hypothétique future vie publique


Il est des choses vis à vis desquelles il est nécessaire voire salutaire de s’indigner. Quand la démagogie prend le pas sur la réflexion et que l’on traite le philosophe comme un charlatan, il est nécessaire de s’interroger. Si nous prenons aujourd’hui la plume c’est pour dénoncer le traitement infligé à un intellectuel de renom, amoureux de la culture, auteur prolifique aux références débordantes et aux citations inspirantes : Alain Finkielkraut.

Indépendamment de ses opinions, que l’on peut partager ou non, le génie incontestable d’Alain Finkielkraut ne peut susciter que l’admiration. C’est ce qui nous conduit à prendre, ce soir, sa défense, par amour pour la tradition intellectuelle et la méritocratie à la française, dont il est l’un des dignes représentants.

   Alain Finkielkraut est partout, tantôt célébré par ses pairs, tantôt lynché par une caste de pseudo-intellectuels et par leurs partisans bélitres. S’il est souvent malmené dans les media, ses réponses témoignent toujours du même brio et de la même fidélité à son amour pour l’éducation, la culture, les lettres : la République.

   Cependant, une intervention, particulièrement choquante et révoltante, a attiré notre attention et nous conduit ce soir à témoigner, avec passion, notre colère, dans les colonnes de la Pravd’assas.

   C’est à l’occasion d’un débat face à Daniel Cohn-Bendit jeudi 21 janvier 2016 sur le plateau de « Des paroles et des actes », que ce dernier fut violemment et grossièrement apostrophé par une femme du public, Wiam Berhouma professeur à Noisy-le-Sec (93), visiblement déterminée à régler ses comptes devant les caméras.

La discussion se déroulait jusqu’alors paisiblement, c’était une fière illustration de la beauté de la réflexion, du débat d’idées fécond, entre un philosophe et un homme politique, et ce en dépit de différences idéologiques et conceptuelles marquées. En effet, alors que Daniel Cohn-Bendit fut l’un des chefs de file du mouvement soixante-huitard, Alain Finkielkraut est très critique de la pensée de la période 68 (sujet qu’il traita dès 1977 dans un ouvrage écrit avec Pascal Bruckner : Le Nouveau Désordre amoureux).

   Il n’empêche que ces deux hommes que tout semble opposer, échangeaient leurs idées, et se contredisaient avec courtoisie et honnêteté intellectuelle. C’est à ça que l’on reconnaît la valeur du débat d’idées ; qu’il soit enflammé, ardent, brûlant ou passionné il reste digne d’intérêt, et stimulant, car il est un lieu d’émulation intellectuelle et d’échanges constructifs. C’est ça le débat comme on l’entend en France, celui où l’on accepte tous les points de vue, avec pour seule limite qu’ils soient justement défendus et qu’ils respectent l’autre.

Malheureusement, notre intervenante ne l’entendait pas de cette façon, et c’est avec grande suffisance et brutalité, qu’elle qualifia notre écrivain de « pseudo-intellectuel », lui refusant la parole tout au long de sa laborieuse et indigente intervention. Après l’avoir traité successivement de « raciste » et « d’islamophobe », elle conclut sa tirade en lui ordonnant de se taire « pour le bien de la France ».

   Cet évènement n’est à notre sens pas un épiphénomène se résumant à une simple altercation entre un philosophe et une professeur d’anglais. En effet, cette intervention et ces procédés barbares sont symptomatiques d’une détérioration manifeste du débat public.

Mais encore, cette anecdote illustre et s’inscrit parfaitement dans un conflit ouvert entre deux mondes. Le premier est celui des démagogues qui attaquent et aboient en prenant en otage la tolérance (nous viennent à l’esprit les noms Tariq Ramadan, d’Alain Soral, ou encore des indigènes de la République – mouvement de protestation antiraciste et antisioniste – duquel semble être proche notre professeur d’anglais). Des démagogues qui se vantent d’être des penseurs au seul motif qu’ils exposent un semblant de réflexion, ou un débris d’opinion. Des démagogues qui dénoncent une certaine « pensée dominante » dans leur discours toujours teinté de rhétorique complotiste et d’antisémitisme. Des démagogues qui dénoncent une pensée unique pour la simple raison qu’ils n’en comprennent pas la subtilité, la diversité.

   Le second est celui d’hommes et femmes qui résistent malgré tout à ce premier monde ; ceux qui, malgré une grande diversité dans leurs opinions, se retrouvent toujours dans leur combat au service de la République, des lettres et de la réflexion.

Malheureusement, cela fait quelques décennies que ce deuxième monde, assailli par le premier, a commencé peu à peu à perdre pied. L’expression de ce déclin intellectuel est notamment marquée par un appauvrissement du débat politique et par l’amenuisement du bagage culturel de nos élites, qui débouche inéluctablement sur la résurgence de populismes en tout genre. À la République des lettres s’est substituée la dictature de l’immédiateté, À Victor Hugo s’est substituée Nadine Morano.

   Heureusement des îlots cultivés et lettrés tiennent toujours, comme des rocs et tentent de résister, tout en s’adaptant, à cette nouvelle époque faite d’information en continu et de décadence de la réflexion profonde. On peut ici citer : Pierre Nora, Jean D’Ormesson, Simone Veil ou Michel Déon… Mais bien d’autres encore.

Ainsi, si la République des lettres est assaillie et menacée, des bastions résistent. Un de ses petits bastions, celui du quai Conti, est fièrement défendu par une armée d’académiciens, à qui le pseudo-intellectuel Alain Finkielkraut a eu jeudi l’honneur de prêter renfort.


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