Étudiant, prépare-toi au blues des résultats

En prévision des effusions de haine qu’on va tous éprouver (à l’exception du naze qui a eu 17 en droit civil) à cause d’un pote un peu trop sûr de lui, un major un peu lourd, ou même un ami qui te prendrait pour un Kleenex, voici le guide de survie pour rester diplomate en toute situation.

L’angoisse des résultats. Selon l’humour désopilant de tes potes on te réconfortera à coups de délicats « tu peux rien y changer maintenant de toute façon » ou de chaleureux « ta copie elle est déjà corrigée là ».

C’est parce qu’on veut tous en finir avec ces lamentations inutiles qu’on attend le jeudi 11 février comme le Messie. On en peut plus de ces potes qui stressent, nous stressent et pourrissent nos vacances avec leurs pronostics aussi efficaces que l’appli météo de ton iPhone.

Par pitié bannissez vos statistiques genre « Civil je peux viser un 7 parce que j’ai souligné mes titres en violet ; IJA, 5 parce que ce jour là j’avais un col roulé et histoire 10, c’est du par cœur. ». Arrêtez, 500 pages de par cœur c’est pas la poésie de vos petits frères en CP.

Donc logiquement – comme si ça tenait de la logique – « ça devrait passer ».

Mais l’inverse est tout aussi crispant. On connaît les grands hypocrites qui sortent à moitié en larme, et qui s’ils le pouvaient se tailleraient les veines avec leur brouillon tout en sachant qu’ils s’en sortiront au bout du compte : « je te promets que si j’ai plus de 1 c’est un miracle ». Ouais d’accord, bienvenue à Lourdes.

La Team Pessimisme éloigne-t’en. Ceux-là seront les premiers à faire des pronostics assassins sur leur note donc toi sympa, tu t’improvises As du réconfort, entre Pascal le grand frère et Qui veut sauver Willy. Puis le jour des résultats, quand toi tu seras blanc comme la moitié des copies que tu as rendu, lui te lancera un évident « je m’y attendais tellement pas » illustration de sa réussite et attaque à l’acide de votre amitié. Le pire, c’est qu’il le pense.

Aussi pour éviter la fin précoce d’une majorité d’affinités ce 11 février : on vous briefe sur les comportements à prévoir le jour J.

Qui dit résultats par Internet dit réseau surchargé, dit que d’après le théorème du Karma pourri, ton pote aura ses résultats 5 minutes avant toi, que logiquement ce sera positif et que par conséquent, l’évidence voudrait qu’il te colle encore plus la pression.

On va se mettre d’accord : le premier qui a ses résultats les garde pour lui histoire d’éviter quelques arrêts cardiaques.

Le pire c’est quand tu seras en tête à tête avec ton 5 et que tu croiseras ce qui représente l’allégorie du débile léger (à tes yeux bien sur, puisque la bêtise est subjective) qui, lui, aura miraculeusement réussi. Là je t’avoue que ça va être difficile de t’en remettre. Souffre en silence mais dis toi que quelqu’un pense la même chose de toi à ce moment là parce qu’on est tous le « con de quelqu’un » (instant philosophie).

On connaît tous cette pote (oui désolée en général ce sont des filles) qui veut que tu regardes à sa place. On vous le dit ça va pas changer le résultat. Surtout que va annoncer à la fragile de l’année que le total de ses notes ne nécessite pas ses 10 doigts.

Pour les génies qui seront restés chez eux, n’attendez pas qu’on vous interroge sur votre cas, on sera pour la plupart totalement amorphes, donc prenez l’initiative d’étaler votre bonheur sans qu’on vous le demande.

De toutes façons tu peux déjà les repérer à 100 mètres rien qu’à leur message :

– « Alors ? J » = Ma réussite est telle qu’il faut que je te raconte (et à la limite ton résultat c’est juste pour vérifier si je suis un empereur ou carrément un dieu).

– « Alors ? » = J’ai mi géré-mi foiré mais je te demande par politesse juste avant d’éteindre mon portable pour le restant de mes jours.

– « Alors ??? » = Pas encore regardé, j’attend de me faire une idée des résultats des autres tout en anticipant le nœud coulant.

– « On se pend quand ? » = très bon pote propose suicide collectif. Accepte.

– Appel manqué = Pote de choix, voire ami, se doute que tu t’étouffes dans tes larmes, mais comme c’est son cas aussi, vous vous autorisez un appel spécial reniflement.

Toutefois ne rêve pas, tu seras rarement seul à seul avec ton café pour découvrir si oui ou non tes parents te renient.

Voici donc un guide de la bonne marche à suivre selon les réactions de tes collègues, anticipant ainsi un éventuel remake de Rox et Rouky.

Au cas où tu aies la chance d’avoir le dépressif du groupe à tes côtés, dis toi qu’il a déjà échoué dans sa tête avant même d’avoir vu les résultats et vu son entrain, même s’il a la moyenne dans une matière, sa vie est finie.

Evite tous les « mais t’inquiète, t’as le deuxième semestre » et autre allusion aux 5 prochains mois de sa vie. Même si le gars n’est pas un sensible, il pleure ses tripes (au moins intérieurement) à ce moment là. Tape dans le dos voire câlins – soyons fous – sont les bienvenus.

Par contre abstiens toi pour les « bah oui mais en même temps t’avais pas révisé non ? ». Merci. La personne en face sait qu’elle n’a pas révisé mais là elle attend que tu lui décrives ô combien elle est quand même voire désormais promise à un destin à la Bill Gates.

Dans tous les cas tu auras droit à un « j’arrête la fac ». Oui oui c’est ça on y croit.

Si tu te trouves face à quelqu’un qui s’en tamponne de la vie, c’est avec cynisme et humour faussement décalé qu’il tentera de cacher son désespoir : « Bon, on va se pendre ? », « je propose un CAP fourrure ». Tout ça pour cacher qu’aussitôt rentré chez lui ça va être les chutes du Niagara en plus humide.

Franchement c’est toujours mieux que ces relous qui te prennent à témoin de leur calcul déprimant censé te convaincre que « clairement il suffit que j’ai 16 partout au second semestre ». Oui justement, « suffit ».

Là, arbore ton plus beau sourire, fixe tes pieds et lance la solution miracle : « mais grave ».

Bon par contre on vous avoue que si vous êtes dépressif au possible et têtu par dessus tout, arrêtez de nous prendre en otage genre « mais je comprends pas j’avais trop réussi. Je t’avais montré mon plan il marchait ! ». Je ne vais pas aller faire un casse chez ton correcteur pour vérifier. Puis je suis encore moins un expert en la matière. Donc oublie moi.

Ce qui est assez surprenant c’est que ces lourdeurs incarnées seront plus souvent les détenteurs d’un majestueux 17 plutôt que toi et ton 7. Contester sa note quand tu as eu 17 c’est aussi subtil que de demander qu’on rabaisse ton 7 parce que « j’aime que les chiffres pairs ».

Par contre pour les plus chanceux, attendez au moins le lendemain pour nous étaler votre bonheur en tartines, on est déjà sympa de sourire à vos « j’ai tellement géré mon dieu » donc ayez pitié.

On s’est bien compris, du tact ce jeudi. Au pire, c’est pas la fin de ta vie et encore moins la fin de l’année : tu peux te rattraper, ou pas !


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