Les frondeurs du PS ont-ils oublié l’esprit de la Vème république ?

(Nous rappelons que les opinions de nos contributeurs n’engagent qu’eux et ne lient en aucun cas la rédaction de la Pravd’Assas, ndlr)


 

DSCN1455Tanguy Jambu-Merlin : Étudiant en Droit  et en Économie à Assas, ce marin de 19 ans troque volontiers son vieux ciré jaune pour une veste en lin ou en tweed agrémentée d’une pochette. Dandy à ses heures perdues, il se prélasse dans l’éloquence, l’actualité économique, le bon vin et la charcuterie. Ce daltonien nous a déclaré : « J’aime m’habiller tout de gris, comme aujourd’hui » (Il n’y en a pas un de normal dans cette rédaction, ndlr). Ce gentleman-sailor, vous offrira la finesse de sa plume lors d’enquêtes de fond exclusives.


La grande annonce fracassante de ce dimanche 28 février est la décision de Martine Aubry et de ses proches de quitter la direction du Parti Socialiste. Grande rupture à gauche, cet événement laisse quand même à réfléchir. En effet, ce n’est pas tant sur le fond que le geste est contestable, certes l’action du gouvernement a pu être critiquable à maintes reprises durant ce quinquennat, et il est normal que l’actuelle réforme du travail fasse débat, notamment du côté de Martine Aubry, mère des 35 heures. C’est plutôt sur les motifs de forme et sur leurs arguments que l’action des frondeurs est à remettre en cause.

Gilles Pargneaux, secrétaire national du PS chargé des relations Nord-Sud et Conseiller Politique de Jean-Christophe Cambadélis a déclaré dans les colonnes de La Voix du Nord : « Nous pensons que le président de la République doit prendre en compte ce que le parti propose. Or, là, le PS ne sert à rien. Il est mis de côté. On a l’impression que tout se décide dans un cénacle autour du Premier ministre. Dès lors, pourquoi rester à la direction? ».

C’est justement cette assertion révélatrice d’un état d’esprit qui pose problème. Ainsi, cela montre qu’une partie de la classe politique en France, les frondeurs, mais pas seulement, ont clairement oublié le rôle du Président de la République tel qu’il avait été dessiné dans la Constitution de 1958.

220px-Bundesarchiv_B_145_Bild-F010324-0002,_Flughafen_Köln-Bonn,_Adenauer,_de_Gaulle-cropped.jpgRevenons une soixantaine d’années en arrière. La IVème république est malade. Les gouvernements s’enchainent, tous destitués tour à tour dû à un parlement omniprésent, c’est à dire à des partis politiques trop puissants. C’est dans ce contexte de chaos politique que le Général de Gaulle est rappelé pour gérer la crise algérienne. Pour remédier à ce désordre il ne voit qu’une seule solution, une nouvelle constitution. Il élabore donc celle-ci en rendant plus compliqué pour le parlement de renverser le gouvernement, et il renforce considérablement les pouvoirs du Président de la République qui n’avait qu’un rôle résiduel auparavant.

Mais ce qui est intéressant ici, c’est l’esprit derrière cette réforme. Charles de Gaulle, en renforçant la place du Président, souhaitait que celui-ci soit au-dessus des partis, comme un arbitre hors de l’arène politique. Celui-ci n’est pas élu par un parti mais par la nation. Il n’est pas le président d’une partie des électeurs, mais celui du peuple français, et cela indépendamment des majorités à l’assemblée. Même si ce concept a été peu à peu mis à mal avec le passage au quinquennat et la simultanéité du mandat présidentiel et du mandat des députés.


72ceea1c4d4c2ac16647e690cdbd257e_400x400

« Le PS ne sert à rien. Il est mis de côté » – Gilles Pargneaux, secrétaire national du PS chargé des relations Nord-Sud et Conseiller Politique de Jean-Christophe Cambadélis


C’est ainsi cet esprit que les frondeurs semblent avoir complètement oublié. Si l’on reprend l’affirmation de Mr. Pargneaux, il a tort d’affirmer que François Hollande doit prendre en compte ce que le parti pense. Il doit prendre en compte l’ensemble des avis de la population française. Son rôle de Président fait qu’il ne doit en aucun cas se limiter à l’avis de sa propre famille politique. S’il le faisait, il renierait intégralement l’esprit et l’essence même de son rôle et  de la Vème République. Ainsi, le souhait des frondeurs Aubristes de quitter la direction du PS car ils ne sont pas écouté par le gouvernement est aussi rationnelle que les déclaration de Donald Trump concernant les musulmans : elles sont absurdes et parjures. S’il fallait en revanche voir une lueur de vérité dans la déclaration de M. Pargneaux, c’est dans son affirmation « Le PS ne sert à rien ». Effectivement, concernant l’action du Président de la République, il ne sert à rien si ce n’est à faire remonter la volonté du peuple, au même titre que n’importe quel autre parti politique, de gauche, comme de droite.

Cependant, si la conjoncture actuelle attribue cet état d’esprit aux frondeurs socialistes, on pourrait toutefois se demander si ce n’est pas l’ensemble de la classe politique française qui a oublié l’esprit du cinquième enfant de Marianne et l’héritage de ses pères…


La Pravd’Assas est aussi sur Facebook :

https://www.facebook.com/lapravdassas/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s