La Pravd’Assas à la rencontre des anciens de Paris II !

On a rencontré deux anciens de Paris II. L’un était à l’UNEF, l’autre à l’UNI, et les deux sont amis depuis leur passage dans notre belle faculté. On a souhaité leur poser de multiples questions pour répondre à la plus importante de toutes : Assas, c’était mieux avant ?

Pouvez-vous vous présenter ?

Amaury : je suis collaborateur d’un élu, ancien de l’UNI et si un adjectif devait me décrire, ce serait engagé ! Je suis arrivé en 2000 à Paris II.

Abel : 36 ans, journaliste depuis 10 ans au Monde, ancien de l’UNEF, et je me définirais comme quelqu’un de critique. Quant à moi, j’ai été étudiant à Assas à partir de 1999.

 

 

Si vous deviez définir Assas à travers les âges, quels mots utiliseriez-vous ?

Amaury : Constance, sérieux, excellence (rires de Abel). Mais aussi, parfois, immobilisme.

Abel : j’adhère à immobilisme et parfois je rajouterais individualisme. Après je suis d’accord avec constance et sérieux même si c’est un mot d’ordre d’une ancienne campagne de l’UNI…

Parlons un peu politique à Assas. Aujourd’hui, le GUD semble si loin. Comment était Paris II lorsqu’il était encore actif ?

Amaury : Quand je suis arrivé, le GUD était le souvenir d’une lointaine époque, on n’était plus dans un souvenir prégnant que dans la réalité. Même s’il y a toujours eu des avatars de droite nationale ou d’extrême droite qui ont pu exister, cela reste un fantasme des années 70/80. Après, on ne peut nier les incursions sporadiques, mais il faut être conscient que le mythe d’Assas comme université d’extrême droite a surtout été créé par… l’extrême-droite, et entretenu par ces mouvements.

 

Abel : Moi je ne suis pas d’accord, à la fin des années 90, le GUD était certes sur sa fin, mais encore physiquement présent même si sa période la plus foudroyante était passée. Il ne demeure pas moins que ce qui est arrivé dans les années 70 s’est prolongé jusqu’au milieu des années 90 . L’héritage du GUD a perduré quelques temps à Assas, avec des trous d’air. On retiendra comme grande dernière fois de l’extrême droite à Assas la présence du RED vers 2004-2006. La tentative de refondation du GUD a fait long feu il y a 5 ans. Aujourd’hui, la Cocarde ou Assas Patriote ne sont que des pâles copies qui ne semblent pas entrer  dans l’héritage du GUD même s’ils sont d’extrême-droite ou de droite extrême.

Quelle est l’anecdote la plus drôle et en même temps celle qui dépeint le plus votre passage à Assas ?

Abel : mon passage militant à Assas ! En fait il y a deux anecdotes. Un jour d’élections CROUS 2000, je militais pour l’UNEF, et comme le milieu associatif est petit, on le savait. Je sors de l’amphi 1 à Assas et il y avait une ligne de gudards qui filtrait les militants de l’UNEF. Comme ce n’est jamais bon pour nous, j’ai mis ma capuche, je me suis fait petit et j’ai réussi à sortir de l’université. Un autre jour de cette campagne, je sors de la fac, ils me repèrent et me suivent. Heureusement, des gens arrivaient en cours à Assas , je remets ma capuche, me fond dans la foule et me mets au fond d’un café pendant 10 minutes, en les voyant passer devant, en train de me chercher. Sinon rien à voir mais au resto U, je mangeais avec l’UNEF, SUD, et l’UNI dont faisait partie Amaury. C’était de bons repas vu qu’à l’époque il y avait un distributeur de Côtes du Rhône…

 

Amaury : moi c’est un souvenir qui m’a touché, et qui m’a touché . En relançant la section en 2003, un jour de tractage, un gars s’est arrêté alors qu’il devait aller en cours, a pris une pile de tract et nous a aidé. Il est devenu un pilier de la section. Ça montre que l’engagement appelle l’engagement. Sinon, je me rappellerai toujours de tous les moments où j’ai fait de beaux coups contre Abel malgré notre amitié…

Abel : … il n’y en a pas eu beaucoup…

Amaury : On a réussi à avoir une relation humaine saine même si on n’a jamais lâché sur nos idées et que via notre tracts ou nos discussions on s’est engueulé. Politiquement, on ne s’est pas fait de cadeau, la connivence a été personnelle. Aujourd’hui encore on pourrait avoir des engueulades homériques si on parlait politique !

Abel : On est parfaitement linéaires depuis 15 ans dans nos idées.

Un sujet que vous aimez évoquer sur Assas ?

Amaury : Moi c’est un sujet léger. Votre BU est un Apple store, arrêtez de vos plaindre !

Abel : Que sont devenus les canards à Assas ? A mon époque, on rentrait, sur la droite, à l’espace extérieur (là où ont été construites les Planches, ndlr), avec une belle sculpture, il y avait des mares avec des canards. Tout le monde s’y retrouvait pour fumer, prendre le soleil, manger.

Amaury : Sinon , qu’est devenu le grand escalier ?

Abel : Oui ! On y rencontrait tout le monde, tout le monde se voyait, on devait obligatoirement se croiser. C’était sympa…

Amaury : Pour continuer sur les travaux, au moins on avait un resto U au dernier étage avec vue sur Paris… Sur un angle plus sérieux, les travaux ont été le fil d’Ariane des discussions de la faculté pendant 10 ans : ils ont finalement commencé en 2006 et ont profondément changé la fac.

Abel : notre nostalgie de vieux c… est en fait assise sur un constat : à notre époque, les gens s’asseyaient, se parlaient. C’est une remarque cohérente avec notre engagement associatif. C’étaient des lieux de vie collective, l’étudiant venait et ne s’en allait pas directement après -surtout pour les associatifs. Je pense que les travaux ont renforcé l’individualisme où ont changé les pratiques.

Alors Assas, c’était mieux avant ?

Amaury : pour dire cela, il faudrait que je regarde ce que c’est aujourd’hui. Notre privilège et notre humour nous amènent à dire que oui ! Ce qui nous surprend avec Abel c’est la domination du monde associatif. Quelqu’un qui donne son temps pour les autres, c’est valorisant, mais il est dommage que l’on remplace sa citoyenneté pleine et entière…

Abel : Amaury tu es de gauche en parlant de citoyenneté, je retiens ma victoire culturelle sur toi !

Amaury : Peut-être, mais il n’empêche que les associations apolitiques ne sont finalement candidates qu’à des fins de simple gestion d’université. Sur des sujets politiques universitaires, parfois les associations politiques peuvent être regrettées. J’ai beaucoup de respect pour les associations apolitiques, mais vers quoi peut-on aller dans une simple association apolitique ?

Abel : aujourd’hui, Assas est le miroir de la société actuelle. Déjà à mon époque on se dirigeait vers ce système de domination associative. Les étudiants n’ont jamais su se mobiliser en masse POUR un projet. C’est dommage qu’à Assas, les gens qui essayent de réinventer non pas la société mais l’enseignement supérieur soient minoritaires. A notre époque, Paris II était déjà apathique et passive. Assas a les défauts et les qualités de ressembler à une grande école. On a les travers de l’omnipotence des associations apolitiques et d’engagement pour une cause qui éduque à la citoyenneté. Pour les mobilisations, on manque d’AG à Assas dans un amphi comme toutes les autres universités.

Amaury : on est clairement aseptisés…

Abel : Quand je suis venu pour couvrir les élections du CROUS où le GUD se présentait, on voyait les gudards totalement hors de propos et habillés en cuir alors qu’il faisait super chaud ! Au-delà de ça, les associations politiques n’arrivaient pas à avoir de prise sur les gens qui s’en fichaient. C’est triste, les citoyens de 20 ans n’ont rien à faire de ce qui se passe dans leur milieu. C’est dommage car Paris II rassemble énormément de talent, il peut y avoir de l’émulation.

Amaury : on a une communauté universitaire, corps enseignant comme monde étudiant, qui a des convictions, on peut les transcender ou les pousser. Assas est démocratique, les choses se passent de façon libre. Si on a une bonne volonté on peut avoir de vrais débats, de vrais discussions : même si on ne convainc pas, on peut créer une fresque de convictions !

Le mot de la fin ?

Conjointement : pas de retraite pour le Professeur Delvolvé !


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