Le ramollo, c’est Bruno !

Gueule d’ange et démarche du premier de classe sorti de son appartement haussmanien pour manifester contre la disparition de l’article 1134, Bruno Le Maire est plus intelligent qu’Alain Juppé, plus fun que François Fillon, plus décontracté que Copé et plus inventif en storytelling que Nicolas Sarkozy.

Bruno Le Maire est clair : « assez des slogans simplistes » (sic) auxquels se résume depuis trop longtemps la vie politique française ! Le Renouveau, c’est Bruno, et la Primaire, c’est Le Maire ! On sent l’inspiration du Bac +11 ! Et pruneau d’Agen, ça vous va bien ?

Sorti de l’ENA, Bruno Le Maire veut la supprimer. Siégeant à l’Assemblée Nationale, Bruno Le Maire le clame haut et fort : assez du cumul. Il faut des élus entièrement dédiés à leur territoire. Pas comme ceux qui sont constamment en déplacement pour se faire connaitre et élire à la tête de l’UMP ou ensuite à la Primaire !

Issu de la chiraquie, Bruno Le Maire n’a rien de très entrainant dans sa vie. Marié, père, il ne trompe même pas sa femme (pire, il l’aime) qui donc n’écrira pas de crasses sur lui dans les journaux. Il est clean dans la vie privée, il l’est plutôt dans sa vie publique… Sa carrière ? Diplomate, cabinet ministériel, ministre. Le parfait technocrate.

Malheureusement, chaque candidat doit se vendre, aussi Bruno Le Maire a-t-il troqué son Proust pour La Communication pour les Nuls. Ne l’appelez plus Bruno Le Maire, c’est BLM, le JFK, le VGE, qui va réformer la France. Ne mettez plus de cravate, soyez cool et décontracté. Après tout, les Français ne veulent pas d’un Président mais d’un bon poto de camping. Un gars qui parle comme nous, qui va sur youtube et snapchat porter la bonne parole : être français ? « putain, c’est trop cool ». Bruno, c’est le négro sûr des jeuns.

A la traîne dans les sondages, Bruno Le Maire essaye de rassembler tout en clivant. Dur programme : avoir une base électorale, malgré le panel de candidat sdéjà présents, tout en ne paraissant pas mou. Mais Bruno Le Maire est dangereux. Car comme tous les adeptes du Renouveau, il a derrière lui une masse de jeunes déterminés, sans réel sens de la réflexion : tout était pourri avant Bruno. Rasons tout, et demain, grâce à un homme, nous changerons tout. Comme si BLM était le seul à tenir ce discours. Comme si Rome s’était construite en un jour. Comme si un candidat, qui pourtant mise tout sur la communication, et qui ne décolle pas, pouvait un jour faire fi de tout ce qui l’a formé et nourrit, et incarner le Renouveau. Et la maturité nécessaire à tout homme d’Etat.

Le Lozérien


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