La musique électronique est-elle un piège à con ?

 

Grand fou de David Guetta, amateur de minimal allemande ou tout simplement auditeur de musique électronique en tout genre, ne vous est-t-il jamais arrivé d’essuyer quelques regards méprisants à l’annonce de vos goûts musicaux ? Ne vous a-t-on jamais fait comprendre que vous n’étiez qu’une sorte d’âne bâté, heureux de détruire progressivement vos quelques neurones restants sur le rythme d’une musique électronique ? Si ceci est le cas, voici cinq réponses aux cinq réflexions – sommes toutes sommaires et arbitraires – les plus fréquemment entendues :

 

  1. C’est toujours la même chose

La seule chose qui reste effectivement la même, c’est bien la simplicité d’esprit de l’interlocuteur qui vous affirme ça. En effet, celui qui vous affirme cela vous prouve ainsi qu’il ne connaît rien à ce qu’il aime pourtant critiquer.

La musique électronique est une des musiques qui compte le plus de sous-genre : House, Garage, Techno, Deep House, Acid, Minimal, Ambient, Dubstep, Transe, Jungle etc. Qu’on le veuille ou non, la musique électronique est partout et s’infiltre dans une multitude de genres musicaux différents, contribuant dès lors à sa diversité.

Ainsi, peut on vraiment comparer Waters of Nazareth de Justice avec Made to Stray de Mount Kimbie ? De la même manière, Acid Tracks de Phuture avec XTC de Dj Koze ?

Si l’on vous répond oui, ignorance et mauvaise foi garanties.

               

  1. Il n’y a aucune émotion

Cette affirmation est peut être la plus difficile à contredire tant le ressenti et l’émotion sont choses subjectives. Cependant, c’est a priori et ab inicio, que la musique électronique est déclarée incapable d’exprimer des émotions. Cette pétition de principe semble aller de soi et n’est bien sûr jamais argumentée. Comme si la juxtaposition d’éléments hétérogènes ne pouvait pas, par définition, aboutir à de la poésie et de l’émotion.

Beaucoup ont effectivement du mal à concevoir qu’une musique sans instruments, uniquement composée grâce à des machines puisse procurer des émotions. Pourtant, la plus évidente des classifications concernant les sous-genres propres à la musique électronique, s’effectue en  grande partie en fonction de la sensation qu’elle cherche à susciter.

Ainsi, A New Error de Moderat est un morceau dont l’émotion dominante semble être la morosité tandis qu’à l’inverse, Promised Land de Joe Smooth est un hymne à la fraternité et à l’optimisme.

  1. Il suffit de tourner des boutons

Hormis David Guetta qui possède la capacité de mixer sans toucher à quoique ce soit, cette affirmation est dépourvue du moindre fondement.

Beaucoup de producteurs de musique électronique ne sont pas moins puristes que certaines légendes du rock. Certains n’hésitent pas à travailler chaque morceau, note par note, fréquence par fréquence, effet par effet. La recherche du son parfait s’effectue alors pour l’artiste comme s’il était un véritable « architecte » sonore. De plus, la musique électronique est en perpétuelle recherche de renouvellement et d’innovation. On assiste par exemple à l’émergence d’une musique presque uniquement basée sur des bruits empruntés à la vie quotidienne. Jacques et son EP Tout est magnifique en est l’exemple le plus récent.

  1. C’est une musique de drogués, faite par des drogués, pour des drogués

Ne nous voilons pas la face, la foule de certains festivals de musique électro, peut s’apparenter à une sorte de Rungis de la drogue : la possibilité de trouver de tout, à tous les prix. Ceci étant dit, il me semble que Woodstock n’était pas non plus qu’un rassemblement d’aficionados de Chou Kale.

Pourquoi donc s’acharner à tout prix sur la musique électronique en lui collant cette étiquette ? Certes les fameuses raves des années 1980-1990, ressemblant alors à des « transes collectives », sont restées dans les esprits. Certes, le monde de la nuit et de la fête a toujours été lié à la drogue. Mais, non, le corolaire établi selon lequel amateur d’électro = toxicomane n’a pas systématiquement lieu d’être.

  1. Un concert de musique électronique = l’arnaque

Payer trente euros ou plus un billet de concert pour, je cite, « regarder un mec derrière son ordinateur » peut en effet procurer à l’acheteur dudit billet un sentiment de malaise. Cependant, il est important de rappeler deux choses :

  • Non, les concerts de musique électronique ne sont pas tous chiants, bien loin de là. Les artistes mettent, pour la très grande majorité, un point d’honneur à offrir une performance artistique de qualité au public. Preuve suprême en est avec Alive des Daft Punk en 2007. Que vous faut-il de plus ?
  • Dans l’hypothèse où le concert en question serait chiant, n’oubliez pas : Rungis les amis, Rungis.

Ainsi, force est de constater que la musique électronique est donc bien un piège à con.

Mais simplement pas ceux auxquels on pense en premier !

David Guetta, ici approuvant avec vigueur mes propos.

g

 Madeleine Anglès d’Auriac


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