Staline est innocenté !

C’est vers 18h50 que je retrouve Tanguy Albertini, président de Révolte-toi, un peu tendu avant son premier grand événement en tant que président mais arborant fièrement à sa boutonnière un insigne du Parti. Quelques minutes plus tard deux de mes camarades de la Pravd’Assas, Ralph Cohen et Yaël Michel, viennent à ma rencontre et m’apprennent qu’ils avaient infiltrés l’accusation pour permettre l’acquittement de Staline.

L’amphi 2 se remplis petit à petit et Tanguy puis Ismaïl membres éminents de l’association présentent le concept puis l’accusé. Si Ismaïl était plutôt bien parti, notamment en citant notre glorieux journal, il est rapidement tombé dans une caricature capitaliste de Staline qui m’a fort déplu. Après ces courtes présentations vient le tour des plaidoyers.

C’est Ralph qui commence et rapidement je suis sous le charme de son talent d’acteur, car il a réellement l’air convaincu de la culpabilité de notre petit père. Je me demandais avant le procès si nous y couperions, et bien non nous avons évidemment eu droit à notre petite citation de Booba : « La taule c’est la pression, nourrit l’instinct d’révolution donc nique sa mère la réinsertion ». A la fin de son plaidoyer il demande la déportation des restes de Staline en Sibérie et la mention dans les livres d’Histoire des crimes de celui qu’il qualifie de « Tsar de la République Socialiste ».

Puis vient le tour de la première plaideuse Hella chargée de la défense de Staline. A peine avait-elle ouvert la bouche que je frémis d’horreurs. Un portrait de Staline bien loin de sa réelle perfection, des adjectifs déplorables, une vive critique du principe même du procès et une description larmoyante de la jeunesse de notre chef. Mais quelques instants plus tard en qualifiant Staline de « réponse au mal de l’époque », « libérateur de l’Asie » et « héros de la Seconde Guerre Mondiale » cette demoiselle a fini par me plaire. Elle demande la réhabilitation de la mémoire de Staline.

C’est Yaël qui enchaine sous le pseudo de Donaldovitch en tant que témoin de l’accusation et qui nous fera un récit bucolique de sa vie de résistant politique sous le gouvernement de Staline. Mais il a moins su camoufler son appartenance à notre bien-pensante association puisqu’un « Staline était Dieu, nous buvions ses paroles » lui a échappé.

L’autre témoin, celui de la défense, va quant à lui jouer au dirigeant russe, Léonid Brejnev, maniant l’anachronisme et la caricature à la perfection. Il va lui aussi critiquer le principe du procès, vanter les mérites de la politique Stalinienne et les grandes œuvres du Vojd. Sa conclusion m’a également séduit : « Ne jugez pas Staline, honorez-Le ».

Pour conclure le plaidoyer de l’accusation c’est Stanislas qui a pris la parole avec beaucoup de brio (à propos de brio je crois qu’Yvan Attal recherche toujours des profils caucasiens). Après avoir qualifié les russes de « frères de misères, d’immondices et de crimes », il a targué Staline de « Robespierre des temps modernes », puis a demandé au jury la même condamnation que Ralph en hurlant « You will make Russia great again ».

Et pour finir ce procès le professeur Victor qui nous a fait l’honneur d’un cours sur la défense et les procès politiques. Je ne reviendrai pas sur sa lancinante leçon mais sur certains de ses propos pleins de bon sens comme ce portrait de Staline : « C’est le prince communisme, le prince de Machiavel, le prince par excellence. Le prince n’est plus homme par l’onction sainte du peuple ». Et après avoir fait comprendre au jury qu’ils auraient mieux fait de rester chez eux tant ce procès n’avait pas de sens, il a demandé l’acquittement du Guide suprême.

Après un moment de délibération le jury est revenu pour nous annoncer, entre deux critiques sur les candidats, que Staline était acquitté. C’est avec joie que j’ai vécu cet instant où dans la Grande Assas un ponte du communisme à était jugé non-coupable ! Et c’est à ce moment que j’ai compris que parfois une défaite peut-être plus précieuse qu’une victoire, car en voyant les sourires de mes camarades Ralph et Yaël j’ai compris que perdre un procès n’était rien comparé à l’acquittement du Petit Père des Peuples. Mission accomplie donc pour nos deux membres du KGB.

Longue vie à la Pravd’Assas,

Longue vie au Vodj,

Et longue vie à la Russie Soviétique.

Antoine Meaudre

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