Alain Juppé ou le retour du cauchemar de l’Europe fédérale

(Nous rappelons que les opinions de nos contributeurs n’engagent qu’eux et ne lient en aucun cas la rédaction de la Pravd’Assas, ndlr)


Grand favori du premier tour, petit et chanceux candidat pour le second, Alain Juppé n’est plus aussi performant que pendant ces premières heures de primaires. Apparu en rassembleur, A. Juppé était à la fois de gauche et de droite, à la fois conservateur et progressiste. Bref, son projet n’était pas aussi nouveau qu’on le pensait, mais ça rassemblait et c’est l’essentiel dit-on.

 Mais qui est-ce second candidat à la primaire ?

Alain Juppé n’est pas inconnu du paysage politique. C’est là son premier point faible (certains y verraient un point fort). Si depuis 40 ans, la France va mal, c’est peut-être à cause de lui. Incarnation d’une politique innovante et d’une rupture avec les politiciens d’antan ? La page Wikipédia de Monsieur Juppé n’est guère adepte d’une telle théorie : il fut député de Paris puis de Gironde, ministre au budget sous Chirac II, porte-parole de Chirac II, ministre des Affaires étrangères sous Balladur et Fillon III, président du (bon vieux) RPR et de l’UMP, premier ministre sous Chirac, maire de Bordeaux, ministre de l’écologie sous Fillion I, ministre de la défense sous Fillon III et puis président… de Bordeaux métropole, Dieu merci !

            La présidentielle de 2017, c’est son dernier coup, promis ! Il arrête après, âge oblige. #LesJeunesAvecJuppé me passionnent, ils sont merveilleux. Un attachement pareil à un vieux politicien de 30 ans de carrière (et pas que du joli joli) tient maintenant du miracle. Il faut tout de même comprendre pourquoi A. Juppé tient tant à sa fonction présidentielle, ce serait l’accomplissement de 30 ans de labeur, 30 ans d’effort, 30 ans de campagne ! Des centaines et des centaines de jeunes qui respirent au programme juppéiste et sous perfusion de « l’identité heureuse ». Mais enfin, comment participer à cette mascarade ? J’adorerais me fondre parmi cette masse, avoir la pêche et même donner « la super pêche » à mon champion qui gigote de son mieux sur l’estrade. Un petit effort s’il vous plait, encore un tout petit quinquennat de notre Alain et puis on vous laisse vous dépatouiller avec le Front National. J’aimerai croire en Alain Juppé…

            Mais Alain Juppé aime rêver. C’est humain, mais lui, voilà 30 ans qu’il rêve. Tous les anciens  présidents Français ont fait le même rêve, de V.G. d’Estaing, F. Mitterrand, J. Chirac, N. Sarkozy à F. Hollande même. Leur rêve à tous : devenir le premier président des États Unis d’Europe. C’est un rêve grandiose, mais les peuples n’en veulent pas. Le programme de M. Juppé pourrait s’intituler « petit traité de l’UE » : on n’y parle pas beaucoup de la France et Bruxelles y est capitale. A. Juppé est terriblement fédéraliste. Il ne voit la France que comme une partie de l’Europe, une région, le vassal de la Grande Europe, un État parmi tant d’autre dans le grand magma européen où despotes éclairés et lobbies se côtoient. Cette France dirigée par une obscure Commission bruxelloise non-élue (qui peut être compétente), cette France contraint d’accepter de voir ses PME écrasées par la concurrence des multinationales, Alain Juppé doit se souvenir que les français ont dit « NON » au referendum de 2005 et qu’ils ont été déçus par des politiques ignorantes des difficultés (le Front National vous le dira). C’est un rêve ambitieux qu’ont eu nos dirigeants et M. Juppé, mais c’est un rêve qui a échoué. Il serait temps de lâcher prise, de laisser cette Europe dériver sans que les peuples y soient prisonniers. Un tel attachement à un projet fédéral ressemble à une obsession destructrice. La France et les nations Européennes déclinent amèrement cette construction où les identités sont méprisées et niées.

            On aurait voulu une véritable alliance, plus modeste et mais plus efficace ! L’illusion européenne nous embourbe dans une crise économique qui n’en est qu’à ses débuts, la complexité administrative ne propose qu’une crise migratoire mal gérée et niée. La jeunesse juppéiste, de France et d’Europe aurait aimé un véritable nouveau projet européen, sans destruction des nations, sans négation des cultures, sans ce « tout-au-service-de-l’économie ».

Puisque vous souhaitez la nouveauté, M. Juppé, renversez la tendance, proposez une alternative au « stop ou encore » qu’on nous propose depuis 20 ans (vous avez toujours défendu « encore » jusque-là) ! Car s’il faut choisir, ce sera le bulletin « stop » que je glisserais, à regret, dans l’urne en 2017 !

SR


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