Ressuscitez Saddam Hussein, il n’est plus condamné

– Envoyé spécial de la Pravd’Assas, Arthur de Palézieux vous livre le compte rendu du procès de Saddam Hussein, recréé ce 15 décembre 2016 par la FFDE. –

Amené aux confins de la capitale, bien loin de ma tendre et chère rive gauche, je suis tout de suite frappé par les conditions de vie de nos camarades de Dauphine, entassés dans de réels frigos. Non-inscrit sur les listes de procès, je parviens avec ruse, en bon reporter de guerre que je suis, à m’introduire dans cette salle d’audience de fortune.

J’aperçois les orateurs, impassibles au vacarme de leur public, qui se préparent consciencieusement (excepté Arnaud qui fait le tour des demoiselles). Puis le jury, recomposé à la hâte, fait son entrée et la salle se tait. Pauline Fossat, présidente de la Fédération, vient braver le froid avec un décolleté plus que plongeant (que Me Vey saluera) et présente le procès.

Pierre-Henri Baert vient placer le contexte. On ne comprend pas vraiment s’il admire ou est dégouté par le prévenu. Sa langue fourchera, transformant « sunnite » en « sémite », ce qui lui vaudra les railleries du jury.

Le premier membre de l’accusation, Caroline Brézet, calme le jeu après tant de rage. D’un ton très posé, elle compare le prévenu à Néron et Attila, le présentant comme égoïste et traitre (dont le compteur est à 165 utilisations). Étudiante de première année, son usage bien fier du mot « irréfragable » lui vaudra une moquerie de Bertrand Périer.

Puis le premier témoin de l’accusation, Dogan Iyiguven, renommé pour l’occasion ‘’Ali le chimique’’, vient faire les louanges de ses compositions gazières, avec la magnifique blagounette « la moutarde leur monte au nez » digne d’un prime time d’Hanouna.

La défense envoie son premier témoin, Benjamin Ivanier, pour répliquer. Surnommé ‘’Said’’ pour faire moins descendant de gaulois, il se place comme journaliste irakien au cœur de la guerre, qu’il compare à un western, citant des auteurs inconnus.

Et c’est alors qu’arrive le meilleur orateur de la soirée. Maintes fois récompensé, et membre émérite de notre belle association, Arnaud Le Teurnier fait s’embraser la foule. Avec un costume parfaitement taillé et sa cravate nouée Windsor, son style ne sera dépassé que par son verbe éclatant ; des femmes s’évanouiront dans la salle. Mais, avant d’être sacré « gendre idéal » par le président Bonnant, le jeune homme se fera railler par Maitres Périer et Vey sur sa virginité apparente. Il défend avec brio Saddam face à l’ingérence américaine au Moyen-Orient, citant Machiavel pour justifier le régime autoritaire, et décrivant les atrocités avec un petit sourire narcois. L’erreur de Saddam est unique et claire : avoir écouté les Etats-Unis.

Après une telle magnificence, l’accusation envoie Farid Bkhait qui, sous l’emprise (selon Antoine Vey) de produits stupéfiants, mime plus que ne récite sa réquisition. Ceci aidé par Stanislas Jullien-Steffens, portant un pantalon d’une bonne taille et une belle cravate (je suis payé pour écrire cela). Ce dernier, marchant d’arme hollandais, se présente en véritable ordure, en se défendant par la « simple complicité aux crimes contre l’humanité » (on notera ici l’utilisation de son cours de droit pénal de L2 du mois dernier).

La défense présente ensuite Frédéric Sédat qui tente un jeu de mot douteux sur le mirage des Mirages vendus à l’Irak (hohoho). Cela assisté du témoin Léonard Lifar, ou ‘’Walid Katal’’ pour faire plus local. Sacré meilleur témoin, il fait le procès de l’arbitraire des frontières, tracées par l’Occident, qui justifie les invasions.

Pour clôturer l’accusation et la défense, deux avocats viennent apporter leur voix aux débateurs. Celui de l’accusation, Matthieu Juglar, conclut que Saddam Hussein ne mérite même pas la mort mais doit faire face au néant. Non-voyant, il remarquera tout de même Me Périer griffonnait. Celui de la défense, Grégoire Etrillard, compare le dictateur à Danton, jugé aussi injustement par un tribunal illégitime. Ceci tout en évoquant l’exploitation abusive de ses stagiaires pour savoir si c’était difficile de défendre Saddam.

Mais c’est les prestations du jury qui sont les plus impressionnantes. Pour revitaliser des étudiants congelés et affamés, Maitres Bertrand Périer et Antoine Vey viennent se moquer des candidats. Et cette moquerie dégénère rapidement. Antoine Vey, décrivant la pièce de théâtre qu’a été ce procès, tombe vite dans l’attaque frontale, présentant Dogan comme mannequin pour une collection « terroriste automne hiver » de prêt-à-porter et traitant ouvertement Frédéric de gros. Mais Bertrand Périer va plus loin dans l’horreur, décrivant Pierre-Henri comme mi-Mélenchon mi-Pétain et traitant Me Juglar de faux-aveugle volant la Sécu.

Pour calmer ce besoin d’attention évident des avocats, Marc Bonnant vient louer la performance d’Arnaud qui a tout compris au sujet, parlant de l’ingérence américaine, de l’unité et de l’identité, de la double nécessité de plaire et être craint du Prince de Machiavel ; une belle déclaration d’amour (justifiée).

La défense est sacrée meilleure partie, Bush a perdu, Saddam Hussein est acquitté.


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