Je suis « cagole »

Soir de Classico et parisienne depuis peu, mes origines me collent à la peau.

En effet, je suis née au-delà du périphérique, barrière matérielle séparant les parisiens des provinciaux en sabot qui ne connaissent ni la 4G ni l’autolib. Pire encore, j’ai vécu les 3/4 de ma modeste existence dans le sud, mais le vrai sud, sous Lyon et encore en dessous de Clermont-Ferrand… à Marseille. Et la vérité c’est qu’à Marseille il fait beau 360 jours par an et que les cigales chantent dès le mois d’avril.

Et donc, depuis peu disais-je, je suis aux yeux de tous une cagole ; et toutes les personnes de la terre que j’ai pu croiser à Paris, qu’elles soient parisiennes pure souche ou autre provinciales expatriées m’ont sorti cette phrase mythique: « c’est bizarre t’as pas l’accent marseillais ?! » — mais non j’ai pas l’accent marseillais, et non j’aime pas le pastis (sacrilège ultime) ; en revanche, je bats tous les pseudo-joueurs de la Boule à la pétanque, verre de rosé à la main.

Cependant, quand on grandit à Marseille, on comprend vite que la « cagolitude » c’est un état d’esprit plus qu’un style vestimentaire.

La cagole est une grande gueule, elle parle fort et emmerde tout le monde; et au lieu d’attendre les critiques sur ses fringues archi moulantes, elle les provoque. Qui plus est, la cagole cherche aussi l’embrouille pour montrer qu’elle n’a pas peur : elle fonce dans le tas, met les pieds dans le plat. Pour faire plus court, la cagole c’est un état d’esprit en plus d’une personnalité.

Son existence et je dirais même sa subsistance est le témoignage de toute une ville pour ce qui pourrait entrer dans son patrimoine moderne; en effet élément de décor ou de rêverie, la cagole puisqu’il faut l’appeler en son nom, survit comme une attraction touristique. La cagole femme forte de son époque, n’est pas une fille facile et est emplie de caractère. Non, cagole n’est pas une insulte, c’est la femme qui se respecte et qui porte sur elle le fardeau d’un ville vieille de 2600 ans ayant une réputation de fer : à l’image de la cagole Marseille plie mais ne rompt pas !

On les aime — ou pas, elles sont aussi mythiques et toutes aussi connues que notre club de foot (seul détenteur de la ligue des champions à ce jour). Extravagantes, bruyantes et un brin vulgaires, bizarrement quand on ne les voit plus il y a comme un manque dans le paysage.

Certes, la vie parisienne fut un choc notamment quand les cafés à 2,50€ en terrasse pluvieuse remplacent les bars vue mer dans lesquels tu paies ta Corona 3€ et que le patron crie sur les mecs en scooter débridé; mais, finalement, des cagoles il y en a partout, qu’elles soient parisiennes, bretonnes ou marseillaises ; homme ou femme : elle fait ce qu’elle veut et qui plus est, elle en est ravie.

 

Inès

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