Irving Penn, maître de la matière au Grand Palais

Les TD ont à peine repris, tu te demandes déjà comment tu vas assumer l’anglais de 7h45 et le strat de 21h, tu n’as, comme tous les ans d’ailleurs, rien fait pour la Nuit Blanche… Bref, ton moral flanche et tes occupations culturelles sont proches du néant. Entre un CM et un bar à salade, prends la 12 puis la 1 et passe voir l’expo Irving Penn au Grand Palais. Quand ta target de la bilicence d’Histoire de l’Art t’en parlera, t’auras marqué un point.

Si son nom ne t’évoque peut-être rien, tu as pourtant sûrement déjà vu ses clichés, et ce même si tu n’es pas un lecteur assidu de Vogue où il a travaillé pendant plus de 60 ans. Cette expo retrace son parcours en tant que photographe de mode (mais pas seulement), milieu où il commence à exercer son talent avant d’interrompre son activité pour aller au front.

Il reprend son travail en 1945 avec une commande de portraits de personnalités, il immortalise alors Cocteau, Saint Laurent ou encore Hitchcock, en noir et blanc, sur des caisses et devant un vieux tapis. Ainsi, l’environnement naturel de ses modèles et l’effervescence qui lui est liée ne viennent pas parasiter l’essentiel ; Penn parvient alors à saisir la profondeur du regard, la ligne, le poids du corps, la force poétique du caractère. Ceci est notamment saisissant dans le portrait qu’il fait de Picasso où notre regard est happé par celui du peintre alors même que le visage de ce dernier se trouve à moitié caché par un habile jeu d’ombre. Capable de créer des images époustouflantes à partir d’un rien, c’est ainsi que nait sa réputation de maître de la matière.

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Pablo Picasso at La Californie, Cannes, 1957 Platinum-palladium print © The Irving Penn Foundation

Le photographe, égalitariste avant l’heure, fera poser sur ce même fond de fortune des « petites gens » dans une série qu’il va intituler Petits métiers où il tentera de leur rendre leur allure, négligée par notre société qu’il considère comme bourgeoise et capitaliste. Il s’agit ici bien sûr d’une nécessaire provocation adressée à une carrière commerciale longtemps réservée à l’élite.

L’expo s’attarde ensuite sur d’autres de ses séries : natures mortes, photographies de cigarette, de nus généreux et d’autres mannequins aussi apprêtés que les filles d’Assas à la BU un samedi matin. Le public est emballé, même si certains s’interrogent : « Pourquoi créer des images d’une beauté inouïe mais montrant des choses indignes de notre attention ? ».

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Nude No. 18, New York, 1949–50 Gelatin silver print © The Irving Penn Foundation

Cette rétrospective est donc un must-have si tu aimes la photographie de mode, la photo, la mode, ou seulement si tu veux t’occuper intelligemment et ressortir à cette pote de bilicence une théorie sur l’engagement progressiste de Penn dans la Mode. Go, en plus c’est toujours 10 boules de moins qui ne partiront pas dans un bouquin de PEC ou autres conneries !

GCA

Exposition jusqu’au 29 janvier

 

 

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