La Pravd’Assas à la rencontre de l’extrême droite

     J’ai longtemps entendu dire qu’Assas était une fac refuge de l’extrême droite. Qu’en est-il aujourd’hui ? Fervent défenseur de la liberté d’expression, j’ai décidé de donner la parole à ce courant de pensée. Adrien (le prénom a été changé) est étudiant en droit à Assas en deuxième année. J’ai eu vent de ses idées sur les bancs de l’amphithéâtre. Animé par la curiosité, je me décidai à lui proposer un petit café, pas piqué des hannetons, au Cujas pour mieux connaître ses convictions. C’est donc muni d’un calepin, de mes chaussures galaxies, d’un col roulé bordeaux et d’une petite bagouse, digne d’un bon bobo parisien, que je m’en vais le questionner.

De quel courant politique es-tu ?

Adrien : Je n’ai aucune affiliation à un parti, mais je peux au minimum me définir comme étant un conservateur, je dis bien au minimum. Mais sans pour autant m’affilier à un quelconque dirigeant, à une quelconque doctrine officielle, je me considère comme étant un national-conservateur autoritaro-protectionniste. Ça peut paraître assez complexe, mais prenons tout d’abord le terme de national-conservateur : il y a un conservatisme social au niveau des grandes questions de société ; je défends les principes fondés sur la protection de la Famille, la protection de la Nation, la défense des valeurs traditionnelles et des coutumes locales, d’où le terme national : c’est ce qui est propre à la Nation et non pas à une quelconque confédération qui n’est à mes yeux qu’un syncrétisme culturel insupportable et inadapté à ce monde. Autoritaro-protectionniste, c’est la promotion de l’autorité dans le sens d’une restriction volontaire mais nécessaire des libertés, libertés qui pourraient amener à une dislocation de la société de par les divergences suscitées. Il faut donc à un moment taper du poing sur la table sur certains sujets ; par exemple, concernant les blocus durant la réformes des rythmes scolaires, nous avons eu le Centre Panthéon bloqué par des étudiants, ce que je trouve aberrant. L’université est un lieu d’érudition et non pas un lieu de contestation ou de protestation qui peut mener à des dégradations matérielles !

Es-tu en faveur d’une monarchie absolue ou plus en faveur d’un régime dictatorial semblable à ceux du XXème siècle en Europe ?

Adrien : Je trouve les régimes dictatoriaux notamment communistes totalement abjects. Nous allons d’ailleurs bientôt fêter le centenaire d’une révolution (en parlant de la révolution de 1917) qui a amené au pouvoir l’idéologie la plus criminelle de l’histoire. Concernant les régimes nationalistes de type mussolinien par exemple, il faut avouer qu’il y a aussi une part d’ombre : l’autorité ce n’est pas tuer celui qui pense le contraire, l’autorité c’est savoir imposer un ordre même dans la confrontation des opinions. C’est imposer un ordre, des limites à ne pas franchir. Je ne prône pas la mort de mes opposants, ce serait absurde. Je ne crois pas non plus à la monarchie absolue qui certes peut présenter des avantages en ce qui concerne le fonctionnement législatif, qui serait plus efficace, mais qui peut aussi engendrer une dérive extrêmement arbitraire et brutale.

Que penses-tu du féminisme ?

Adrien : Le féminisme est une aberration ! C’est construit de toute pièce ! C’est inutile ! Il y a une citation qui dit « le féminisme est éphémère, il suffit de lui dire de se taire ». Les femmes se discriminent elles- mêmes dans le fond à cause de cela. Je combats à titre personnel le féminisme mais je ne remets pas pour autant en cause l’égalité entre l’homme et la femme. On doit avoir les mêmes droits, et d’ailleurs il y a une égalité juridique évidente entre eux deux. Mais y a-t-il pour autant une égalité sociale et morale ? Dire que la femme est l’égale de l’homme au point de dénaturer et renier la binarité du genre humain, c’est totalement utopique et contre-nature !

Que penses-tu de la démocratie ?

Adrien : La démocratie, si nous reprenons le sens étymologique, c’est un système où le peuple vote la loi. Aujourd’hui nous sommes dans une France qui compte près de 40 millions de votants. Vous croyez vraiment que 40 millions de votants vont s’accorder sur une même loi ? Honnêtement… Et on dit que c’est la majorité qui l’emporte… pourquoi ? D’où une majorité doit avoir un avis supérieur à celle d’une minorité, cela revient à une dictature de la majorité qui ne veut pas nécessairement le bien de la minorité. C’est une véritable discrimination envers cette dernière. La démocratie en général est une utopie du pouvoir qui porte atteinte à l’autorité et à l’ordre public établi ; le régime démocratique n’a pas lieu d’être !

Penses-tu pouvoir exprimer librement tes opinions à Assas ?

Adrien :  Je dois avouer que j’ai beaucoup moins de mal à m’exprimer sur ces genres de sujets que lorsque j’étais au lycée ou si j’avais été à Sciences Po. Je pense qu’il y a un véritable respect de la liberté d’expression dans notre université. Mais il y a également des contestations. Je peux dire des choses et les autres peuvent répliquer, ce qui peut parfois créer des tensions assez fortes entre moi et certains autres de mes confrères juristes. J’ai été témoin de certains de ces accrochages assez violents, ce qui m’amène à revenir sur la nécessité d’autorité : l’université n’a pas à être selon moi un lieu d’échanges et de confrontations violentes des opinions.

Que penses-tu du racisme ?

Adrien : Le principe qui dit qu’une race est supérieure à une autre n’a aucun fondement concret et scientifique. Cependant, il y a une différence entre groupes ethniques ; je ne vais pas dire raciaux pour ne pas me retrouver avec une plainte de la LICRA ; et c’est pour ça qu’il y a des Hommes blancs, jaunes, noirs… c’est un fait qu’on ne peut pas nier ! Dire que ces groupes ont différents droits est faux, après tout, les Hommes sont égaux en droits. Mais il y a une différence raciale indéniable de par la couleur et la morphologie de chacun. Il y a également le fait que sur une certaine région du monde, une ethnie est majoritaire tandis qu’une autre est minoritaire (les immigrés). Il faut préserver cette diversité par tous les moyens, il faut la conserver et ne pas se fondre dans un métissage forcé, déraisonnable et irréfléchi.

Où te places-tu sur le plan de l’immigration ?

Adrien : Quand vous allez chez quelqu’un, vous respectez ses us et coutumes : s’il vous dit d’enlever ses chaussures vous allez le faire sinon vous vous fâcherez avec lui, c’est évident ! Quand des gens viennent chez nous avec une culture différente et lorsqu’ils veulent nous l’imposer de manière violente, il est normal que ces personnes-là soient exclues. Et a fortiori elles s’excluent d’elles-mêmes. Qu’elles ne s’étonnent pas après coup qu’on les parque dans des ghettos sociaux.

Que penses-tu du GUD ?

Adrien : Je ne peux les soutenir car je ne connais pas très bien leur idéologie. J’apprécie certes leurs idées sur une France souveraine, mais je condamne les violences qu’ils effectuent.

Voudras-tu instaurer ton idéologie en France, et de quelles manières ?

Adrien : J’ai toujours cru que quand on a des convictions, il ne sert à rien de les proclamer mais autant faut-il les appliquer. Par exemple, on ne peut pas être chrétien et soutenir le mariage homosexuel ou l’avortement qui sont ouvertement condamnés par les Saintes Écritures. Cela s’applique à tous les domaines : on ne peut concevoir une vision de l’Etat, de la société, sans appliquer par soi-même ses propres principes. En tant que juriste je ne vais pas contester la Loi ; en tant que juriste je ne vais pas imposer un régime à la France car ce n’est pas de ma compétence ! Cependant je soutiendrai ; paradoxalement à l’aide de la démocratie ; un candidat qui mettra en avant des idées qui se rapprocheront le plus de mes convictions personnelles.

Comment conçois-tu le droit ?

Adrien : Je fais partie du courant littéraliste, on peut parler d’une École Littéraliste de Paris II composée par moi-même et certains de mes confrères et consœurs juristes. C’est un courant qui justement ce veut littéral : on regarde la loi et on l’applique, on n’en fait pas découler des principes sur-interprétés, le juge ne doit appliquer que la loi, autrement ce serait une atteinte grave à la séparation des Pouvoirs ! La loi doit donc être précise et claire, afin de ne pas permettre à la CEDH de produire des arrêts d’une mauvaise foi magnifique, qui suscitent certes toute mon admiration mais pas mon adhésion. Et cette clarté législative, ce n’est pas avec notre Parlement actuel qu’on l’aura !

 

Romain Guerrini.

 

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