On a rencontré l’association franco-libanaise d’Assas

Quel est le but de l’asso ? Qu’est-ce que vous faites concrètement ?

Fouad :

Le but le plus important est de promouvoir la culture libanaise parce que la plupart des français et des étrangers qui sont en France et qui ne sont pas d’origine libanaise ne connaissent pas le Liban et ont des préjugés. Donc on veut principalement combattre ces préjugés.

Le deuxième but est de former un petit berceau pour les petits L1 qui arrivent du Liban. On peut, dans une petite communauté, les aider pour leurs papiers administratifs, la fac, les cours, les méthodes et même pour s’habituer à la vie en France.

C’est vraiment développer et promouvoir la culture libanais et rassembler les étudiants qui ont un lien particulier ou non avec le Liban.

Tarek :

Le 3e but est d’aider ceux qui sont issus de la diaspora libanaise, qui vivent en France depuis le plus jeune âge et qui n’ont pas de lien direct avec le Liban mais qui veulent découvrir leurs racines.

Donc les personnes n’ayant aucun lien avec le Liban sont les bienvenues ?

Fouad :

Bien sûr ! On est une association complètement ouverte ! D’ailleurs parmi les fondateurs et les gens qui ont tout de suite manifesté leur volonté d’adhérer à l’association il y a des gens comme Tarek qui ont vécu jusqu’à la Terminale au Liban ; il y a des gens comme moi qui ont vécu au Liban ; et il y a également certaines personnes qui n’ont aucun lien a priori avec le Liban. Ce qui nous rassemble, c’est la culture française, la culture libanaise et ce qui réunit ces deux cultures.

D’après vous, pourquoi est-il si important de découvrir ses racines ?

Fouad :

C’est essentiel car c’est ce qui nous forge. Les racines c’est ce qui fait ce qu’on est au quotidien, il ne faut surtout pas les oublier ou pire les renier. Elles permettent de savoir qui on est.

Dans l’asso, il y a des gens qui viennent nous voir en nous disant : “J’ai a priori un lien avec le Liban car j’ai un grand-père ou une grand-mère qui vient du Liban mais je n’ai jamais mis les pieds dans ce pays. Donc, est-ce qu’il est possible de découvrir plus le Liban ?”

Tarek :

Oui, c’est ce qui nous rattache au sol. On peut rêver, on peut voyager, on peut décider de changer d’identité, on peut changer de pays ou de ville ; mais à la fin, il y a quelque chose qui nous fait redescendre sur terre. C’est savoir qu’on a une maison, qu’on a des origines et qu’on peut compter sur un peuple qui pourra toujours nous accueillir même si on l’a encore jamais rencontré. C’est ce sentiment de savoir que… “We belong somewhere”.

Fouad :

C’est encore plus important de connaître ses racines quand on est libanais car c’est un pays où la population est partout dans le monde. C’est d’ailleurs le seul pays qui a une diaspora supérieure à sa population locale : il y a 12 millions de libanais selon les comptes qui sont hors du Liban et seulement 4 millions dans le Liban. Ce sont des gens qui sont partout dans le monde mais qui partagent la même chose, c’est qu’ils ont des ancêtres qui sont partis du Liban et qui sont partis en exil ailleurs dans le monde.

A part la gastronomie, y’a-t-il d’autres éléments que vous comptez nous faire découvrir par le biais de votre asso ? On a entendu parler d’une soirée avec des danseuses, votre vice-président ferait partie du spectacle, on veut connaître la date !

Fouad :

Comme grand projet à la fin de l’année on aimerait faire une grande soirée pour faire connaître cette ambiance franco-libanaise qui existe à Beyrouth et dans les villes au Liban la nuit. Après il faudra voir si les danseurs sont au rendez-vous, ça dépendra de nos progrès pendant l’année, mais je pense que Jonathan sera toujours au rendez-vous !

Tarek :

Moi je veux seulement dire une chose : Préparez-vous pour la plus grande DAKBEH dans le hall du Centre Assas !

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Oui, oui, ça ressemblera à ça !

Et quels sont vos projets pour l’association ?

Tarek :

Tout d’abord, on va mettre en place un ciné club qui sera mensuel. On y diffusera des documentaires pour promouvoir la culture dans tous ses aspects, et d’autres films libanais récompensés. Evidemment, ils seront sous-titrés pour que tout le monde puisse les comprendre.

Fouad :

Il y aura aussi des ateliers musicaux et culinaires, des conférences pour faire connaître le Liban, des sorties culturelles, des cafés débats… Pour ce genre d’évènements, les participants n’auront pas besoin de participer au financement, voire une participation minime (de l’ordre de 2€) pour les “gros” évènements. Mais notre politique c’est vraiment que l’asso soit ouverte à tout le monde.

Si vous pouviez amener qu’une seule chose du Liban, qu’est-ce que ce serait ?

Fouad :

Moi c’est pas une spécialité mais un domaine : la pâtisserie ! Surtout une en particulier qui s’appelle le “MAAMOUL”.

Pour faire un petit instant culture, je viens d’une ville du Nord du Liban appelée Tripoli et qui est connue pour être la capitale de la pâtisserie libanaise. Donc, un tripolitain commence sa journée en mangeant une pâtisserie le matin, puis une autre le midi et une dernière le soir. Enfin bref, ce n’est pas la bas qu’il faut faire un régime !

Tarek :

Pour moi, c’est le taboulé de ma grand-mère.

Fouad :

D’ailleurs ce n’est pas du tout celui qu’on vous présente au supermarché. Ici en France, le taboulé c’est surtout de la semoule. Au Liban, il n’y a quasiment pas de semoule, c’est que vert ! Avec vraiment que du persil, de la tomate etc… Donc, notre asso a aussi pour objectif de lutter contre cette image du taboulé et plus généralement de lutter contre tous les clichés autour du Liban.

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Pour tous les passionnés de voyages, recommanderiez-vous le Liban comme destination ?

Tarek :

Beyrouth a été détruite 7 fois et reconstruite 7 fois. Beyrouth a toujours été considérée comme le “Paris du Moyen-Orient” donc ce ne sera pas un challenge de voyager sur place, ca ressemble beaucoup à Paris. Au Liban vous pouvez aller skier le matin et l’après-midi aller à la plage, en une heure de trajet. Vous pouvez visiter des villes anciennes, il y a notamment la ville habitée la plus ancienne, Byblos. Vous avez aussi des traces historiques : beaucoup de temples grecs, romains et phéniciens ; le Liban a été conquis par tous les empires possibles vous allez donc trouver des vestiges très divers.

Fouad :

Les gens qui ont vécu au Liban, qu’ils soient libanais ou non, souvent reviennent du Liban en remarquant la façon de vivre et le caractère des libanais. Les libanais sont des personnes qui vont vers l’autre et qui sont ouverts d’esprit, il y a toute cette ambiance naturelle et chaleureuse où même si on connaît la personne depuis 5 minutes, on va tout de suite la considérer comme une très grande amie et l’intégrer facilement.

Fouad, pourquoi la moustache ?

Bah parce que c’est sympa la moustache ! En réalité, c’est parce que j’ai grandi avec un père qui avait toujours la moustache depuis son adolescence. Et puis aussi pour ne pas faire comme les autres. Et au moins ça permet de me repérer de loin vu qu’à Assas, personne ne porte de moustache.

FONDATEUR

Merci à Tarek Chahine et Fouad Khayat, Président et Secrétaire Général de l’AFLA ; et plus généralement au reste du bureau : Jonathan Boueri et Yalta Khalife, Vice-Président et Trésorière.

Interview réalisée par nos reporters : Anaïs Escalona et Claire-Elise Peron.

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