Evra : footballeur banal ou légende ?

Détesté, adulé. Haï, chéri. Patrice Evra ne laisse personne indifférent. Un footballeur moyen pour certains, une légende pour d’autres. Aucun équilibre n’est possible. Tout passionné de foot à un avis tranché sur l’international français. 

UN PALMARÈS QUI PARLE POUR LUI  

“How many trophies? 21? 22?”

Evra, c’est d’abord et surtout un palmarès, un des plus remplis pour un joueur français. Une Ligue des Champions, 5 fois finaliste, Champion d’Angleterre, Champion d’Italie… On ne compte plus les titres glanés par le défenseur, évoluant toujours à un niveau très élevé, qui lui permettra notamment d’être récompensé du titre de meilleur latéral gauche du monde en 2009. Il n’a rien plus rien à prouver : Patrice Evra fait partie des grands parmi les grands au regard de la collection impressionnante de trophées garnissant plus d’une cheminée.

Plus important encore, ce n’est pas en observant ses coéquipiers jouer le match que Patrice a acquis ses gallons mais bien en étant un joueur majeur partout où il est passé. Que ce soit en Angleterre où il est élevé au rang de légende incontestable dans les travées de Old Trafford, ou en Italie alors qu’on le disait fini, le latéral gauche a fait le travail, sans rechigner, et brillant davantage à chaque prestation. 

UN CARACTÈRE PROBLÉMATIQUE 

Mais si le défenseur français a du mal à se faire aimer, c’est bien pour son comportement parfois difficilement défendable. Joueur à fort caractère, souvent capitaine, luttant contre l’injustice à son égard et à celle de ses coéquipiers, Patrice Evra n’hésite pas tout au long de sa carrière à déchaîner les passions. Prêt à pardonner Luis Suarez pour ses gestes racistes, et de célébrer ensuite devant lui la victoire, Tonton Pat’ interroge. Joueur fantasque et fantastique ou défenseur moyen profitant de l’équipe, personne n’est d’accord. Capable de frapper un jardinier ou de faire grève dans un bus, beaucoup voient en lui un latéral surcoté sanglant et incompétent. 

LE GESTE DE TROP?

L’acte est inexcusable selon l’opinion publique. C’est à la manière du King Cantona, par un coup de pied dirigé à l’un de ses propres supporters que le défenseur à scellé son avenir marseillais. 

Lui qui a soulevé les foules contre Nice, n’a pu retenir son calme. Il paraît si facile de fustiger l’homme aujourd’hui, mais mettez-vous donc à la place d’une personne comme vous et votre serviteur, subissant insultes racistes et moqueries des années durant, et qui un jour, devant des grossièretés insupportables de « supporteurs » – qui n’en seront jamais – atteignant sa propre génitrice. N’importe qui craquerait : non, Patrice Evra n’est pas un surhomme, il n’est qu’un joueur talentueux mais dont la lucidité est mise à rude épreuve chaque jour. 

Son aventure phocéenne se termine donc par une énième folie. Mais alors que retenir du joueur qu’il a été au crépuscule de sa carrière ?

“Don’t be jealous”

Si aujourd’hui de nombreux spécialistes en profitent pour remettre en question une carrière qu’il ne mériterait pas selon eux, sa communauté de fans ne cesse de grandir. En effet, le personnage haut en couleurs continue de faire rêver publiant des vidéos tous les lundis, tantôt sur un chameau, ou encore parlant à un perroquet : il n’en finit plus d’étonner, et bien qu’il soit moqué en France, il reste admiré en Angleterre, terre de football. 

Finalement pour parler d’Evra, personne n’est mieux placé que ses fans, et Francesco est un de ces passionnés de football qui ne tarit pas d’éloges, tant sur le joueur que sur l’homme : « Voir débarquer Patrice Evra à l’OM en janvier dernier relevait de l’onirique, tant ce monument du football français et mondial aura marqué les esprits et les rétines de tous les passionnés de football. Je me remémore encore ces soirées passées à simplement regarder les matchs de Manchester ou de la Juve pour le voir débouler sur son couloir gauche. Il en aura fait briller des attaquants… », affirme Francesco avec une émotion certaine dans sa voix, lui qui stigmatise une presse l’accusant de vouloir « démolir, depuis Knysna, un leader, un homme de vestiaire, une référence tactique et technique et un humaniste dont les vidéos sont attendues chaque lundi matin par des millions de gens ».

Celui dont la fin de carrière n’est pas annoncée et dont la capacité à surprendre n’est plus à prouver, mérite cet article, pour ce qu’il a accompli pour le sport, où qu’il soit passé, partageant sa bonhommie et son énergie débordante. 

Et pour finir, à vous, ses détracteurs, cessez donc de critiquer, frustrés par votre petite vie misérable inaccomplie, un brillant footballeur et un homme heureux. 

Jusqu’au dernier souffle, I Love this Game. 


Rayan Rifai

 

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