Le Brio : un film qui ne brille pas haut

            Des clichés, encore des clichés, pour citer un ancien humoriste : « la place des clichés ». La vérité doit triompher, révélons ici les quelques vérités et nombreuses tromperies du film Le Brio d’Yvan Attal. Rappelons que c’est du point de vue de fiers étudiants d’Assas, tout aussi amusés qu’offusqués de voir leur faculté chérie à l’écran, que ces mots ont été rédigés.

Fiction : Le Brio est un film sur l’éloquence

L’éloquence et le débat font partie du quotidien d’Assas, si quotidien que presque tout le monde ne s’y intéresse pas. Le Brio renvoie une image fausse des concours d’éloquence en laissant croire qu’y participer serait un prestige quasi-inégalable : les seuls qui croient à un tel prestige sont les participants. Certes il y a une forme de gloire ou de fierté, mais ce n’est rien comparer à ce qui est dépeint dans le film : pas de voyage dans les quatre coins de la France  – encore moins en première classe -,  pas des cocktails en notre nom et surtout pas un discours de Guillaume Leyte pour nous dire qu’on est vraiment une belle personne. La réalité est bien plus placide, on plaide dans une salle de TD usée par la transpiration intellectuelle des étudiants, et on va nous-même se payer une bière Chez Papa après. Une vérité mise à jour cependant : jamais un professeur n’aiderait un élève à se préparer à un concours d’éloquence à moins d’y être contraint.

Fiction : Le grand amphi rempli ?

Scène d’ouverture : Camélia Jordana, dans le rôle de Neïla Salah, arrive en retard à son premier cours d’Histoire du Droit (HDD) à Assas. Seulement quelques minutes se sont passées et déjà, première invention: le grand amphi est rempli : la bonne blague ! Depuis quand serions-nous des étudiants assidus n’osant même pas rater un seul cours ? En réalité on débute l’année sur un « j’irai à tous les cours » et la finit à s’identifier sur les memes « quand t’es pas allé en cours depuis deux mois ». Yvan nous enchaine un combo contrôle et frappe mensongers : il y a des L1 au centre Assas ! Fake news ! Passe déjà ta première année, ensuite tu pourras être avec les grands. Le plus frappant, cela finit en lucarne du mensonge, est peut-être le calme qui règne dans l’amphi : tout le monde prend des notes. On pourrait presque croire qu’on est attentif en cours. Mais voilà, la vérité c’est plus que l’amphi est toujours quasiment vide, qu’il y a plus de personnes qui font une sieste que d’étudiants qui prennent de notes et surtout qu’il n’y a pas qu’une seule personne en retard mais plusieurs dizaines.

Réalité : Un professeur d’Histoire du Droit coincé dans le mauvais siècle

Le film continue avec le professeur Pierre Mazard, interprété par Daniel Auteuil, qui interrompt son cours d’Histoire du Droit pour malmener Neïla devant un amphi ‘plein’. On doit alors avouer que M. Attal dépeint un portrait assez précis de la caricature qu’on se fait d’un professeur d’HDD : une cuillère de rigidité, une pointe de mépris pour la nouvelle génération et un trait de plaisanterie pour relever le goût du sarcasme, voici la recette pour être un bon professeur d’HDD.

Le réalisateur tourne en ridicule le personnage de Pierre Mazard coincé dans une époque avec laquelle il est complètement déconnecté avec sa culture du « lol » et son addiction aux smartphones. On l’observe insulter une passante de « pute » alors qu’il était ivre après avoir dîné seul dans un restaurant comme tous les soirs. Du coup, même après avoir vu les 120 pages qu’on avait à apprendre pour le partiel, on ne souhaite quand même pas cette vie à nos très chers profs d’HDD.

Fiction : Assas est une fac d’extrême-droite

Certains sont scandalisés que M.Attal prenne part à ces fausses accusations, d’autres n’y voient que de l’ironie. Assas n’est pas une fac d’extrême-droite, ou du moins elle ne l’est plus. Certes, il y a un passé à travers le GUD qui n’est pas si lointain mais peut-être faut-il reconnaître à Assas une certaine forme de liberté d’opinion. Remarquons aussi que le GUD n’a pas réussi à s’installer au sein de l’université après avoir fait un come back en 2011, témoignant alors d’un éloignement par la majorité des étudiants d’Assas des idées du mouvement. Quoiqu’il en soit, le film a permis de relancer le débat en laissant croire que notre université conservait son statut de bastion de l’extrême droite, mais a aussi été l’occasion pour les étudiants d’affirmer leurs distances avec cette image faussée qu’on essayait de leur donner.

Lucile Nassif 

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