La Pravd’Assas part à la découverte de l’extrême-droite Assassienne #2

      Après avoir fait la rencontre d’un Assassien « national-conservateur autoritaro-protectionniste » je continue mon voyage dans cette sphère de l’extrême droite, qui, pour beaucoup, semble totalement déconnectée de la réalité. Cependant à la Pravd’Assas nous essayons d’aller au-delà des clichés et du mépris pour les opinions marginalisées. L’objectif étant de tenter de découvrir et de comprendre la mosaïque idéologique que compose notre fac. De ce fait, pourtant aux antipodes de la vision que je me fais de la religion, je pars interviewer un second élève de L2 en droit réputé pour son conservatisme voire même son intégrisme. Fantasme passé ou réelle perspective future, c’est ce que nous allons voir aujourd’hui avec Maxime (son prénom a été changé) qui a eu l’amabilité de répondre à nos questions.

Comment vis-tu ta religion ?

    Maxime : Je suis chrétien. Je m’en tiens aux enseignements du Christ et aux enseignements de l’Église ; « toute personne qui entend les paroles que je dis et les met en pratique, je la comparerai à un homme prudent qui a construit sa maison sur le rocher. L’Église est en effet liée à Dieu, il faut donc appliquer les préceptes de Dieu et les lier aux préceptes de l’Église, car les deux finalement ne font qu’un. Ils nous encouragent à exprimer un témoignage quotidien et voilà pourquoi je vis le christianisme au jour le jour, à chaque instant de ma vie. Je ne renie en aucune manière ma fidélité au Christ et pour ce faire j’essaye d’adopter à chaque seconde les enseignements du Christ au travers de mon attitude. De ce fait je fais partie d’un courant chrétien considéré comme plus radical et plus intégriste que la norme, même si ce mot peut, dans le contexte actuel, choquer certains.

Pour moi, la chrétienté c’est comme lorsqu’on aime ses parents, cela ne sert à rien de dire « je t’aime maman, je t’aime papa » et de ne leur donner aucune preuve de cette amour. On ne peut donc pas dire que l’on est croyant sans célébrer ni vénérer Dieu. C’est pour cela que je vais au moins tous les dimanches à la messe, je fais plusieurs prières par jour, et à chaque instant de ma vie je me dis que Dieu me regarde, qu’il est avec moi, et que le Saint Esprit est en moi. Le Christ est mon compagnon de vie.

Penses-tu que la religion doit s’adapter à son époque ?

    Maxime : Non. L’Église est de par sa nature intemporelle et doit être étrangère aux évolutions des mœurs, ce qui implique que ses enseignements, ses canons, ses commandements doivent l’être aussi. Un chrétien, par le baptême, devient chrétien pour l’éternité, sur terre comme dans l’au-delà. Il n’y a donc pas de temps en matière de religion. Alors à quoi bon l’adapter suivant les attitudes changeantes de la majorité.

Ce n’est pas parce que le courant majoritaire déchristianise les pays européens, banalise la fornication avant le mariage, incite à la consommation excessive d’alcool, facilite l’obtention de drogues, rend accessible le recours à l’avortement… que l’on doit nous aussi, chrétiens, dans un souci de bonne intégration, suivre ce mouvement. Aujourd’hui la société occidentale européenne perd dangereusement ses valeurs et ses racines chrétiennes ; et que celui qui ose nier l’existence des racines chrétiennes de l’Europe aille faire des recherches et se renseigner au préalable. Je trouve d’ailleurs scandaleux que des professeurs à Assas ou dans d’autres facultés remettent en cause le fait que l’Europe ait des racines chrétiennes. Le droit français comme d’autres droits européens s’est formé entre autres sur la base du droit canonique et des enseignements catholiques. Aussi ce ne serait pas à la Chrétienté de s’adapter à son époque, mais plutôt à notre époque de se réadapter et de se réconcilier avec son héritage chrétien. Sans nous souvenir de cet héritage, nous plongerons la tête la première dans une période de décadence, et à ce rythme-là je ne crains que la Fin soit proche… Finalement le fait pour un chrétien d’habiter dans une société de plus en plus déchristianisée et de subir les atteintes à la Foi relève du martyr… après tout, martyr en grec veut dire témoigner. Et c’est tout ce qu’il nous reste : le témoignage chrétien.

Que penses-tu de l’homosexualité, et de l’adoption par les homosexuels ?

      Maxime : Je crois que ceux qui prétendent que l’homosexualité est acceptée par Dieu sous prétexte qu’il s’agit de l’amour entre deux personnes et qu’Il ne pourrait condamner cela, ces gens-là dont certains d’ailleurs se disent chrétiens, ne sont pas honnêtes et n’ont jamais lu la Bible. Lisez l’Épitre du Saint Apôtre Paul aux Corinthiens, les Évangiles ou encore les paroles du Seigneur, chaque passage concernant ce sujet n’a de pitié pour les pratiques sodomites, ni pour le comportement des gens qui ont des relations homosexuelles. La nature et la volonté divine veulent que le couple soit formé d’une femme et d’un homme, car on ne couche tout simplement pas avec un homme comme on couche avec une femme.

Concernant l’adoption… un enfant doit avoir un père et une mère. Les catholiques parlent de la Sainte famille pour désigner que même le Christ en étant fils de Dieu a eu un père terrestre qui était Joseph. Donc privé un enfant de cet aspect fondamental qu’est la famille, j’appelle cela un crime contre l’Humanité, ce n’est ne pas permettre à un enfant de connaitre sa véritable filiation.

Que penses-tu de l’IVG ?

     Maxime : Ceux qui défendent l’IVG, et là j’exagère volontairement, ce sont les mêmes qui nous viennent nous embêter avec leurs délires progressistes et écologiques selon lesquels abattre un arbre serait un crime, qu’il faudrait protéger la Nature etc… 
 Or déraciner un arbre pour la fabrication des objets d’usage quotidien n’est pas comparable au fait d’ôter la vie à un être humain dans le sein de sa mère.
Même l’embryon a déjà l’Esprit Saint en lui ; le fait d’avorter une femme c’est tuer un être sans défense, par une bêtise humaine, par égoïsme. C’est selon moi ne pas avoir le sens des responsabilités. Et la loi récente disposant du délit d’entrave à l’IVG n’est qu’une illustration parmi d’autres du mépris de la vie et des valeurs humaines fondamentales par notre société. Décadence…

Quelle est ta position en ce qui concerne la consommation d’alcool et du sexe avant le mariage ?

       Maxime : Le mariage a été instauré pour consacrer l’union entre un homme et une femme, et pas autre chose, devant Dieu, afin qu’ils puissent fonder une famille et afin qu’ils participent ensemble à l’entretien de la Création en donnant à celle-ci une descendance qui à son tour prendra soin de la Création de Dieu. Le sexe avant le mariage reviendrait donc à mépriser non seulement la portée symbolique du mariage, mais c’est surtout mépriser son propre corps en en faisant un objet de plaisir ; ce n’est ne pas en faire un objet de devoir mais un objet de pêché. Je demeure l’un des rares « pas avant la mariage ».

Concernant l’alcool, il y a deux manières de lire les Écritures, les « utilitaristes » et « les vrais », Il est vrai que la Bible parle du « vin qui réjouit le cœur de l’homme », que le Christ transforme l’eau en vin… etc. Vous constatez donc plusieurs signes que l’on peut considérer comme encourageant quant à la consommation d’alcool, ce qui est le point de vue des utilitaristes. Cependant l’ivresse demeure un pêché, c’est une addiction au même titre qu’une addiction à la drogue ou au sexe. La consommation excessive d’alcool nous fait perdre la maîtrise de notre corps et de nos sens ; comme avec toute autre addiction, nous perdons progressivement le Saint Esprit qui demeure en nous, et nous tombons dans le plaisir intense et incontrôlé, le tout en nous éloignant de Dieu.

Quelle est ta position sur le statut des femmes dans la religion, dans la société ?

      Maxime : Il y a eu un article paru il y a quelques mois sur la Pravd’Assas qui insinuait que la traduction chrétienne de la Bible par Saint Jérôme aurait permis à la société occidentale de diminuer la condition féminine ; en sorte que ce serait de la faute de l’Église si la femme avait subi autant de persécutions durant des siècles.

J’aimerais remettre les choses au clair. Il paraitrait selon l’auteur de l’article que la version chrétienne du texte de la Genèse sur la Création de la femme serait dégradante… En attendant ce n’est pas dans le Christianisme que les hommes sont autorisés à répudier leur femme quand bon leur semble selon les prescriptions de Moïse, ni qu’il est permis à un homme d’être polygame selon la loi du Prophète Mahomet. N’en déplaise aux plus anticléricaux, le Nouveau Testament précise que « ni la femme n’est sans homme ni l’homme sans la femme car si la femme a été tirée de l’homme, l’homme est né de la femme et tout vient de Dieu », c’est l’image parfaite de l’égalité homme-femme. La chrétienté n’est donc pas la religion la plus misogyne au monde. Et comment pourrait-on même tenir un propos pareil ? Prenez comme exemple… tant de femmes prêtres chez nos amis protestants, tant de responsabilités accordées à la femme en Orient chez nos frères orthodoxes, et chez les catholiques où les dames ont une place très importante au sein de chaque paroisse. Tant de sainteté féminine dans notre société catholique car qui n’a pas entendu parler de de Sainte Geneviève de Paris, ou même de la Sainte Vierge Marie ? Franchement, si l’ensemble de la société traitait des femmes comme les chrétiens vénèrent les saintes, dans ce cas-là seulement cela nous ferait effectivement du bien.

Que penses-tu de la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël ?

     Maxime : Nous chrétiens ne sommes pas les seuls à être attachés à la Terre Sainte, et j’ai envie de dire que, malheureusement, on doit faire avec. J’entends avec toutes les autres religions monothéistes mahométane et hébraïque. Seulement, il faudrait rappeler que Jérusalem n’est certainement pas une ville juive, ni musulmane d’ailleurs. Jérusalem est une ville partagée par trois grands courants monothéistes. Il faudrait à mon avis instaurer pour Jérusalem un statut international, sous l’égide de l’ONU ou d’une autre organisation internationale. Il ne faut pas qu’une religion au travers d’un Etat explicitement religieux y prenne l’ascendance sur une autre. Il ne faut pas que l’État d’Israël, qui est un État hébraïque ; qui soit-dit-en-passant s’est approprié le nom d’Israël alors que bibliquement Israël désigne l’ensemble des croyants en Dieu et non pas exclusivement les Juifs ; garde le monopole de la Ville Sainte et y impose ses lois d’une manière assez peu objective. Jérusalem n’a pas à être la capitale d’un État hébreux, et cette action politique n’est qu’une provocation.

Soyez-en cependant bien assuré, si cela ne tenait qu’à moi, un quelconque État juif ne saurait s’approprier le territoire considéré comme le plus sacré sur Terre pour des milliards de personnes. C’est une véritable croisade qu’il faudrait organiser, afin de récupérer la Terre Sainte des mains de ceux qui se l’approprient ! Ce serait récupérer pour la gloire de Dieu et de son Christ les lieux saints qui ont vu naître le Christianisme… Christianisme qui pendant près de quinze siècles influa notre monde d’une manière inégalée ! Deus vult ! (Nous voilà rassurés…).

Propos recueillis par Romain Guerrini

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