La Casa de Michel, dernier bijou du cinéma français

Diffusé sur Canal+ en janvier, le 37ème long métrage des studios Jacquie et Michel Élite s’intitule La Casa de Michel et reprend les codes d’une série Netflix appréciée des petits comme des grands : La Casa de Papel. L’âge moyen de nos membres étant supérieur à 20 ans, personne à la rédac’ n’avait vu la série originelle et nous avons donc dû découvrir les finesses de cette superproduction hollywoodienne à travers sa version française revisitée.

Instantanément plongés au cœur d’une manigance qui flaire bon les thrillers avec Denzel Washington, nous découvrons les personnages du Doc, de Karachi et de Stuttgart qui font office de geôliers pour une bande d’otages costumés et masqués. L’endroit est spacieux et l’ambiance pesante, l’on fait d’ailleurs remarquer que certains otages commencent à trouver le temps long…

Le ton est sec et le rythme est soutenu, le scénario s’installe à grande vitesse et laisse peu de place au doute et à l’imagination, quelle maîtrise ! Tout est en place : les sacs hermétiques, l’argent, les otages. C’est le moment que choisit le réalisateur pour faire entrer l’élément perturbateur : la joyeuse bande de délurés demande la libération d’un mystérieux Sanchez. Nous découvrons donc le personnage du capitaine de police qui interagit avec les ravisseurs.

Sous pression pour des raisons que nous ignorons à ce moment de l’intrigue, le procureur décide de libérer Sanchez. Reste la question du moyen retenu pour procéder à l’échange, le deal est clair : le prisonnier contre deux otages ! Sur fond de guerre des polices, le capitaine tient tête au procureur et ironise : envoyer les forces spéciales, « pour qu’ils jouent aux cow-boys et fassent un massacre ? », trop peu pour elle… Le capitaine s’y rendra en personne.

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Sur place, elle fait face à l’ingéniosité des malandrins. Repartir avec les otages, oui, mais pas sans un petit quelque chose pour dédommager notre ami Sanchez qui a beaucoup souffert en prison… D’accord dit le capitaine, mais ce sera quatre otages, non plus deux ! Sanchez accepte mais propose à son ami de se joindre à la fête.

Après ces 7 minutes 10 de scénario intense, la production de Jacquie et Michel Élite a mal au crâne et décide de faire se déshabiller le capitaine pour la plus grande joie des jeunes membres de notre comité de rédaction. Un premier pénis entre dans le champ de la caméra avant 8 minutes. Après avoir fait ses petites affaires avec Sanchez et Stuttgart, le capitaine repart avec ses quatre otages, quelle femme !

Dans une construction narrative délirante à la Memento, le spectateur est bousculé… Nous voici 10 heures plus tôt. Houston, le grand chauve, membre de la bande des malfaiteurs est laissé seul avec une otage surmaquillée au délicieux accent slave dans un décor plus proche des chambres froides de Dexter que des habituels contours du casting couch. L’otage fait part à Houston de ses inquiétudes, elle a peur pour lui, et il fait chaud dans cette chambre froide !

En toute logique, elle se déshabille et décide de se montrer communicative vis-à-vis des maux qui la traversent en exécutant des gestes réconfortants à l’égard de son geôlier. Pour ne pas qu’elle se sente trop seule, Houston invite son copain preneur d’otage et ils partagent tous les trois un moment d’intimité : c’est aussi ça la Casa de Michel.

Le retour à la réalité véritable est cruel mais nécessaire, il reste à la production un demi post-it de scénario et plusieurs actrices plantureuses qu’il convient d’utiliser dignement. En ce sens, on découvre la brigade de police du capitaine en effervescence : pourquoi donc les brigands veulent-ils libérer Sanchez ? Le procureur s’inquiète, le Doc rigole derrière ses lunettes carrées, il a l’air drôlement méchant dans sa chemise blanche. Il a d’ailleurs une idée pour faire accélérer les choses, une idée bienvenue alors que l’on commençait à devoir réfléchir pour comprendre le film.

On est alors placés en compagnie d’une preneuse d’otages, la première de la bande, qui cherche une certaine Marie parmi le groupe de masqués. Elle l’amène dans le bureau de Stuttgart où celui-ci l’attend de pied ferme. Il aimerait lui aussi accélérer les choses mais « ne pas utiliser la force ». Entrepreneuse et maligne, Marie retire sa culotte et la pose sur le bureau. Tous trois s’amusent à grand renfort de langues, de fluides et de va-et-vient.

Quand tout le monde a fini de jouer, le Doc appelle le Capitaine que nous ne nous lassons pas de voir crever l’écran dans ce qui semble être le rôle de sa vie. Il lui révèle le pot aux roses : tout était en réalité filmé. La police découvre effarée l’otage Marie qui batifole avec ses geôliers… Le capitaine, juriste avertie, signale au Doc : « Là, c’est perpet’ ». Conformément à la procédure pénale, le procureur est averti par l’officier de police judiciaire et reçoit à son tour sur son iPhone X flambant neuf les images de Marie, l’otage qui semble souffrir d’un syndrome de Stockholm avancé. Devant ces images insoutenables, il décide de libérer le prisonnier Sanchez. Il suffisait donc de coucher avec les otages.

Après ce plus que nécessaire retour dans le passé, le spectateur est une dernière fois malmené : nous voilà dans le présent, dix heures plus tard donc. Les quatre otages libérés sont amenés à la brigade de police. Le Doc appelle le Capitaine : « j’ai tenu parole » dit-il, on a même libéré le double d’otages fait-il remarquer… « Oui mais à quel prix ? » lui rétorque intelligemment le capitaine qui a dû donner de sa personne pour procéder à cette libération.

Trève de calinotades nostalgiques, elle doit auditionner « quatre otages » lui rappelle-t-elle, mais le Doc sème le doute : « qu’est ce qui vous garantit que ce sont tous des otages ? ». Véritable tremblement de terre dans le scénario. Et si ces otages n’étaient pas ce qu’on croit qu’ils sont ?

Nous voici pour cette dernière grande scène en cellule dans un interrogatoire qui semble signer la fin définitive du stock de scénario utilisable prévu par la production. Un policier à lunettes porte un badge de la police de Los Angeles autour du cou, il parle vraiment bien français pour un policier de Los Angeles. Un homme armé attend dans la cellule, comme le demande bien sûr la procédure.

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Profitant de l’astucieuse technique d’interrogatoire du policier à lunettes – attendre quinze minutes derrière un miroir sans tain qu’elle se décide à dire la vérité, l’otage entreprend de soulager l’homme armé qui garde sa cellule. Pendant que toute la brigade la regarde jouer avec le garde, le capitaine comprend la supercherie… Elle gagne du temps !

Patatras, l’équipe réalise qu’elle n’avait pas pensé à sécuriser le lieu de la prise d’otage pendant les interrogatoires à la brigade. Foutus manque de moyens ! Castaner, démission ! C’est donc avec pertes et fracas qu’elle constatera que les brigands se sont faits la malle. Dans une ultime scène à grand budget, nous constatons, non sans surprise, que les méchants ont triomphé et qu’ils s’apprêtent à prendre la fuite. Quel génie ce Doc !

Sans aucune volonté moralisatrice et sans aucune tentative de porter un message plus fort que celui que les images elles-mêmes ont bien voulu nous faire passer, le film s’arrête brutalement et laisse au spectateur abasourdi par cet ultime renversement la possibilité de découvrir les noms des actrices et acteurs qui ont joué de ses capacités de raisonnement pendant ces 1h27 de maestria cinématographique totale. C’est donc avec une humilité immense et un plaisir gourmand que nous vous laissons, à vous aussi, la possibilité de vous documenter sur ce casting hors norme.

Découvrir La Casa de Michel a été une surprise totale pour notre équipe de cinéphiles et c’est une véritable déclaration d’amour au cinéma pour adulte à grand budget que signent ici les studios de Jacquie et Michel Élite. Ils entérinent définitivement leur volonté de conquérir le monde des superproductions scénarisées et la route leur semble ouverte alors qu’ils ont, cette année encore, été nominés à sept reprises aux AVN Awards. C’est par ailleurs lors de cette cérémonie des oscars d’un autre genre qu’ont été couronnés la française Anissa Kate comme performeuse étrangère de l’année et la superstar française Manuel Ferrara, performer de l’année pour la sixième reprise. Alors aujourd’hui plus que jamais, les talents français du cinéma sont bien partis pour se faire une place sous un soleil qui rivalise sans rougir avec celui de la vallée de San Fernando !

 

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Les cinéphiles de la Pravda

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