Game of thrones, épisode 3 : fan service minimum

Précision : cet article est un condensé de haine gratuite envers les réalisateurs de l’épisode 3. Tout esprit fragilisé par la mort d’un personnage aimé est prié de ne pas le prendre contre soi.

 

On l’attendait. Après deux épisodes à peine suffisants pour se distraire entre deux révisions de droit administratif, la grande bataille tant attendue depuis huit saisons arrivait. On nous l’avait vanté : la plus grande baston jamais filmée à l’écran, plus grande que Minas Tirith, qu’Avengers ou qu’un face à face Evra-supporteurs marseillais.

Alors, quid ?

Avouons-le, les dix premières minutes sont angoissantes. Il fait nuit, il n’y a pas beaucoup de veilleuses, la tension est palpable. On dirait un face à face entre des CRS et des étudiants en socio à Tolbiac. La satisfaction d’avoir trouvé un streaming de bonne qualité s’efface vite devant l’appréhension de voir des personnages lentement construits durant sept saisons mourir en un seul épisode. On scrute les réactions de nos héros, de Davos sur les remparts. Le voilà qui fronce les sourcils ! Un monstre ressuscité ? Que nenni, la sorcière rouge, aussi stratège et bon conseil que votre amie en L1 qui vous affirmait que le parcours réussite vous sauverait votre second semestre. Elle se pointe ni vue ni connue devant Winterfell. D’où vient-elle ? Là n’est pas la question. Elle allume les lames dothrakis, sans se soucier de créer un mouvement de panique chez les chevaux. C’est une belle séquence, on vous l’accorde.

Les Huns à la sauce indienne chargent alors dans l’obscurité l’armée des morts. On se demande pourquoi on ne suit pas plus leur chevauchée. Et puis on comprend que, comme une descente aux flambeaux de premières étoiles, ils se rétament peu à peu dans la masse compacte et invisible des spectres. L’effet est là. C’est la gorge serrée qu’on se confirme que, décidemment, il va y avoir des morts.

Mais la raison reprend le dessus. Quelle est la stratégie fixée par Daenerys ? Pourquoi attendre les morts en-dehors de l’enceinte ? Pourquoi faire charger les troupes coloniales seules, comme au bon vieux temps de papy ? Daenerys serait-elle raciste ?

Pas le temps de pester contre ces erreurs dignes d’un néo-joueur de Total War. La vague des spectres renverse tout sur son passage. Les premières lignes sont anéanties, on soupçonne même un vent de panique. Les soldats Starks font face à leur premier partiel de droit des affaires : la mort a de multiples visages.

On passera la description de toute la bataille : force est de constater qu’après deux épisodes aussi plats que la vie sexuelle de Theon Greyjoy depuis sa rupture avec un chargé de TD de droit administratif et constitutionnel, un certain Ramsay B., on en a pour notre grade. Peut-être trop d’ailleurs. On finit par être lassé, nos nerfs lâchent. Nos yeux aussi, à force de scruter dans un écran noir (mais genre vraiment noir, c’est-à-dire, comme dirait l’amie Nadine, plus noir qu’un Dothraki), et de ne pas savoir si le mort est vivant ou si le mort qui est vivant est en fait mort.

Quelques faits marquants : Vert-Gris, décidément increvable, Tyrion et Sansa, pas du tout héroïques dans la crypte qui laissent leur peuple se faire massacrer, la lassitude de voir Brienne et Sam mourir une demi-douzaine de fois chacun mais en fait continuer à casser du spectre et surtout l’utilité des dragons, aussi sous-exploités que la surface aménageable d’Assas pour ajouter des places de bibli. On ressort de l’épisode avec l’impression d’une arnaque : où sont nos héros morts ? Nos larmes ? Qui pleurera pour Edd la Douleur ou Béric ? Qui s’attendait à voir Théon ou Friendzone survivre ? Personne.

Côté Autres (ou whitewalkers), que dire ? Que font les Autres ? Sont-ils aussi sourds à l’arrivée d’Arya qu’Emmanuel Macron avec les gilets jaunes ? Pourquoi le feu du dragon, prompt à détruire le Mur, ce feu qui fait fondre les pierres des châteaux, est-il aussi utile qu’un briquet en Bretagne contre les autres dragons, contre le caillou derrière laquelle Jean Neige s’est pitoyablement réfugié ?

Alors, certes, le dragon mort-vivant détruit la toiture de Winterfell. Dans mon délire de petit blanc, je me dis que certains dégâts seront irréparables. Je regarde twitter : aucune réaction de l’UNEF, sûrement trop occupée à expliquer à Brienne que dans son délire de masculinité aryanno-cisgenrée elle écrase des spectres discriminés qui, pourtant, par leur culture, pourraient enrichir Westeros. Oui, j’avais prévenu, c’est de la méchanceté gratuite.

Mais après huit saisons durant lesquelles le danger était omniprésent, on attendait mieux que ça. La mort du Roi de la Nuit, tué par la fille cachée de Greta Thunberg et Jean-Claude Vandamme, est décidément, à l’image de cette fin de série, décevante. HBO a compris qu’il fallait jouer sur les enfants et la force des faibles. Mais HBO n’a pas compris que tout l’intérêt de cette série était de permettre au téléspectateur de profiter, pour une fois, de la mort des enfants et des faibles en premier. Bravo à la petite lady d’avoir tué le géant : mais à part sa mort, qu’est-ce qui change d’un Disney ?

Depuis le départ de Martin, on sent les réalisateurs patauger. La série vit sur ses acquis. Des personnalités construites il y a longtemps, une intrigue aux bases posées par autrui. Les intrigues ont disparu, les nouveaux personnages sont grossiers, les fils sont trop gros et, quand ils ne sont pas tirés, décevants. La saison 8 est un adieu aux fans, mais surtout à l’intelligence des livres. Oui, cet épisode est beau comme un spectacle de Johnny. Mais côté dialogues et surprises, on n’y est plus. Pourquoi le Roi de la Nuit est si méchant ? Quelles sont ses motivations ? « Il veut notre mort », nous révèle Bran, aussi statique et charismatique qu’un godemichet sous Susan Boyle. Merci. Franchement, on regarde tous cette série pour ce genre de révélations.

On espère récupérer notre cerveau pour les trois derniers épisodes. Deux ont été gâchés. Le troisième, agréable, n’est pas rassurant.

 

Le Lozérien

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