Lewis Capaldi : de l’outcast écossais à « America’s sweetheart »

Glasgow, 2009. Sur la scène d’un pub bondé, guitare en main, un jeune chanteur de treize ans tente de captiver la foule tant bien que mal. Une scène aujourd’hui difficile à se représenter lorsque l’on voit l’écossais de vingt-trois ans Lewis Capaldi sur scène devant plus de cinq mille personnes, en train de nous raconter ses débuts en musique. Si ce nom ne vous est pas familier, jetez un coup d’œil à ses comptes Youtube et Instagram, ou faîtes un petit tour sur Spotify. Lewis, c’est l’auteur et interprète de la ballade Someone You Loved que vous avez dû entendre plus d’une fois au cours de l’été (si ça n’est pas le cas, dépêchez-vous d’y remédier, conseil d’ami).

Le chanteur écossais entre dans l’adolescence lorsqu’il se lance dans la musique. Ecriture, concerts dans des pubs, il y dédit progressivement sa vie jusqu’à se faire remarquer par son manager actuel, Ryan Walter en 2017. Ils sortent alors son premier titre Bruises sur Spotify, qui fait aussitôt connaître le chanteur. Après deux EPs en octobre 2017 et novembre 2018, Lewis Capaldi offre enfin le 17 mai 2019 à son public grandissant son tout premier album, Divinely Uninspired to a Hellish Extent. Grace, Bruises, Someone You Loved, Hold Me While You Wait : chacun de ses singles le propulse en haut des charts britanniques comme américains. Et à raison : s’il n’a pas peur de tomber dans les clichés avec un album uniquement composé de ballades déchirantes, il parvient à insuffler une authenticité et une honnêteté qui transportent dans chacun de ses morceaux avec une voix écorchée et brute. Les paroles sont travaillées avec des formulations qui sans être très recherchées, touchent par leur simplicité : ses déboires amoureux sont finalement ceux de tout le monde. On peut donc se morfondre en écoutant Maybe et Someone You Loved, mais aussi choisir d’entendre les notes d’espoir qui se cachent dans des morceaux tels Forever et Don’t Get Me Wrong.

Au-delà d’une bonne dose de talent, Lewis Capaldi, c’est aussi un humour et une simplicité à toute épreuve. Le chanteur est réputé pour ses stories vidéo sur les différents réseaux sociaux dans lesquelles il se met en scène et se tourne en ridicule. Ses stories Instagram sont ainsi composées de gros plans sur son visage, de tentatives de danse ratées, de tenues plus moches les unes que les autres. Montrez l’une de ses photos ou vidéos à votre voisin d’amphi : sa première réaction sera normalement (testé et vérifié) « Mais arrête, ce type est gênant ». Et si l’écossais incarne en effet la gêne absolue, son authenticité et son détachement sont ce qui fait de lui une personnalité si attachante. Il ose se montrer tel qu’il est jusque dans ses panneaux publicitaires dans le métro Londonien et c’est ce qui convainc. Chacun de ses posts composés de photos embarrassantes au possible est accompagné d’une légende qui sous couvert d’autodérision, montre qu’il est en réalité conscient de ce qu’il est en train de vivre et de son caractère précieux et éphémère. “Over 1.5 BILLION streams on my debut album already you bloody beautiful bastards thank you for everything ❤”, “None of this will ever feel any less surreal, thank u all for coming down early!! Will never forget these 2 nights ❤ x” : son talent, son accent écossais incompréhensible et son naturel font de lui une étoile montante qui conquiert à présent les Etats-Unis pas à pas.

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A retrouver le 12 février 2019 à l’Olympia pour ceux que cet outcast écossais touche d’une façon ou d’une autre.

 

Juliette Devillers

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