Sommes-nous une génération perdue ?

« Les jeunes sont…

  •  irresponsables
  •  stupides
  •  fainéants
  •  individualistes »

Recherche Google, 29 Septembre 2019.

            Cette citation – que dis-je, cette trahison – me laisse un goût âpre en bouche. Celui qui nous sauve de longues heures à rédiger des fiches d’arrêts et qui nous permet de briller en TD d’économie, oui, lui, notre cher ami Google, nous assène un coup de couteau dans le dos. Cette recherche révèle en effet que, dans le monde entier, notre réputation est bafouée. En parcourant rapidement du regard la page qui s’affiche sur mon écran, je ne peux être que choquée. Les médias nous démasquent à travers de grands titres tous plus affligeants et aguicheurs les uns que les autres. Aux yeux du monde, nous ne serions que des incapables. A y réfléchir, n’avez-vous jamais entendu vos grands-parents ou vos parents vous assommer d’un fameux « Ah les jeunes de nos jours… » ? Des discours plus que défaitistes envers ce que j’appellerai la génération Ratée (à savoir la somme des générations Y, Z, Alpha, Beta, Gamma, Zara et jesaisplustropquoi).

            Est-il vrai qu’au fond, nous sommes la vermine, la canaille, la racaille de ce monde si utopique ? Au risque de vous priver de tout suspens, la réponse est « Non ».  Plus que les sages de notre pays,  nous revendiquons et nous nous révoltons. Nous jeunes, nous descendons dans les rues pour défendre tout autant la cause environnementale que les droits de la femme. « L’enviro-quoi? » te diront sûrement tes parents en t’examinant d’un œil terrifié, t’imaginant déjà en hippie anarchiste portant des sarouels. Soyez rassurés mes chers parents, Rue d’Assas n’est pas le nouveau Tolbiac. Quant au féminisme, rien que la prononciation du mot suffit à faire fuir toute personne dénuée de sens, qui te collera probablement par la suite l’étiquette « Femen ™ ».

            Pourquoi donc sommes-nous détestés de tous alors que nous défendons des causes si nobles ? Peut-être que le véritable problème se cache derrière cette numérisation quasi maladive de nos générations.  Bien sûr, je conçois qu’elle nous permette d’accomplir des prouesses, mais à chaque avancée ses brebis galeuses. La nôtre ? l’instagrammer. Celui qui, au milieu des émanations populaires, se réjouit de sa pancarte au slogan vulgaire et superflu, au point de décrédibiliser publiquement un mouvement. Tout cela, pour obtenir un cliché « Instagramable », avant de reprendre sa vie normale, rythmée par ses cafés Starbucks, ses courses en berline Uber et ses avocado toasts. Au fond, la seule chose à dénoncer reste l’hypocrisie maladive de ces personnes face à la noblesse inhérente aux causes à défendre.

            Malgré certains dévouements et une montagne de critiques, vous, adultes du monde, essayez au moins de feindre l’enthousiasme lorsque cette infâme « jeunesse » que l’on incarne, essaye de faire changer les choses. Oui, c’est possible. Nous ne sommes ni irresponsables, ni stupides, ni fainéants, ni individualistes. Quoi que sûrement insupportables… Toujours à se révolter « pour un rien ». Car oui, nous sommes jeunes et nous ne nous tairons pas.

 

SK

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