Ad Astra-critique

Au premier abord l’intrigue du film est plutôt simple. L’astronaute Roy McBride, incarné par Brad Pitt à l’écran, part à la recherche de son père expatrié dans l’espace pour mener à bien une mission : rechercher une forme de vie autre qu’humaine.

En parallèle de l’accomplissement de cette tâche qui se révèle être plus compliquée que prévue, Roy McBride réalise une véritable introspection. Délaissé par un père qui a consacré sa vie à l’espace, l’astronaute a développé un profond mal-être qui le ronge tant qu’il l’empêche de ressentir pleinement et librement de ressentir des émotions simples telles que la tristesse l’amour et la peur.

Plus qu’un voyage dans l’espace, c’est un voyage au plus profond de son âme que l’astronaute accomplit. Son but n’est pas tant de satisfaire les exigences de la NASA que de répondre aux questions qui l’assaillent depuis toujours et qui ont contribué à faire de lui un homme brisé. Il n’a pas d’autres choix que d’affronter ce père dont il ne connaît rien mais avec lequel il partage une passion, l’espace.

Le film allie de façon pertinente scènes d’action et de silence qui rythment l’épopée de l’astronaute. Roy fait de ce voyage initiatique l’occasion de réapprendre à s’écouter et à se libérer du poids de l’héritage de son père, héros de l’espace et père épouvantable.

Derrière une intrigue en apparence simple, se cache une double lecture qui fait du scénario le reflet d’une quête universelle entreprise tous les jours dans un quotidien trivial et banal, bien loin de l’épopée galactique. Le fil rouge de ces deux heures de voyage sidéral nous mène à compatir à l’épreuve simplement humaine d’un enfant devenu adulte et cherchant à réparer les maux d’un père absent et pourtant si étouffant.

Brad Pitt livre une prestation assez sincère en peignant avec justesse la complexité d’une blessure psychologique universelle. Il incarne de manière authentique à la fois un homme dont le pouls n’a jamais dépassé 80 et un fils de quarante ans qui ne peut s’empêcher de s’émouvoir face à l’espoir de revoir son père un jour.

L’intensité du traumatisme de McBride dû à l’abandon de son père manque d’explication pour être véritablement compris ce qui entache quelque peu la crédibilité du film. En outre, l’émotion est peut-être poussée une fois de trop, cependant personne ne peut se lasser de voir un Brad Pitt en colosse de marbre touché en plein cœur et y être imperméable.

Marie Peyrat

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