Le Vélib’ qui fonctionne : mythe ou réalité ?

C’est en cette belle journée de janvier que je décide – suis obligée – de prendre un Vélib’ pour me déplacer. Mes exigences sont hautes : il m’en faut un avec deux pédales, une selle, deux freins, deux pneus en état et les deux roues non-voilées. Je sors l’application Vélib’ qui m’informe de la présence de trois vélos mécaniques et deux électriques sur la station la plus proche. Ravie, mais sceptique, je me dirige dans sa direction.

 

J’arrive et, sans aucune surprise, je vois quatre vélos avec la selle retournée – signe qu’ils ne fonctionnent pas – et un vélo mécanique donnant l’impression d’être en état à l’œil nu et naïf. Le suspense est intenable : vais-je pouvoir le décrocher ? Je m’approche. J’effectue les vérifications nécessaires : il est prêt. Je pose mon pass navigo sur le guidon pour le débloquer. L’écran m’affiche le « GO » habituel. J’essaye de retirer le Vélib’, mais en vain : il est coincé et ne se détachera pas malgré mes efforts herculéens pour le libérer.

 

Je reprends mon portable et regarde une nouvelle fois l’application. Les stations autour de moi sont toutes vides : je prends la décision de marcher vers ma destination et de croiser les doigts pour trouver un Vélib’ en chemin. Ce n’est pas ma première fois et j’ai judicieusement pris 1h30 d’avance sur mon heure d’arrivée.

 

Me voilà partie en vadrouille pour la balade quasi-quotidienne de période de grève. Je passe devant des stations Vélib’ qui sont désertées ou dépourvues de vélos en état. Heureusement, le temps est doux. C’est un de ces matins de janvier qui rassure et réconforte, où les jours gris précédents semblent lointains. Alors que le bruit des klaxons me berce, mes pensées s’égarent et je me pose des questions sur la condition humaine, le pourquoi de notre existence, le mal-être social ambiant et, entre autres, comment expliquer qu’il y ait autant de stations Vélib’ et si peu de vélos disponibles ?

 

J’en suis arrivée à la conclusion que nombreux sont les responsables de cette tragédie. Alors, j’ai pris la décision de vous demander de m’aider à faire bouger les choses et de vous interroger sur votre part de responsabilité.

 

  • Chers utilisateurs Vélib’, comment se fait-il qu’il y ait autant de pneus crevés ? J’ai déjà assisté à des tentatives ratées de cyclistes trop ambitieux voulant prendre le trottoir à toute vitesse mais se heurtant à la marche souvent trop haute. Si chaque pneu à plat s’explique de cette façon, par pitié, pensez à la déception de nous autres cyclistes qui nous trouvons désemparés à l’approche de chaque station. Si cela ne vous suffit pas, n’est-ce pas la défaite complète que de devoir marcher à côté de son vélo que l’on vient de rendre inefficace par le simple fait de sa bêtise ? Je m’interroge également : comment faites-vous pour voiler les roues ? Véritable mystère.

 

 

  • Chers conducteurs, vous avez bien trop confiance en mon vélo et moi. C’est pourtant mathématique : vous avez quatre roues et moi seulement deux. Les plus malins en tireront les conclusions évidentes : vous êtes bien plus stables que je ne le suis. De même, rappelons aux automobilistes trop habitués et lassés du trafic parisien que les angles morts n’ont pas disparu avec leur ancienneté. Peut-être que ces oublis fréquents expliqueraient le nombre de vélos avec roues voilées ?

 

 

  • Chère maintenance Vélib’, pourquoi ne pouvons-nous pas détacher des vélos en parfait état ? Quelle est la logique derrière la fermeture d’une station pourtant entièrement remplie ? Vous ne vous doutez pas du quart de la frustration que vous causez. Après la 15ème station, mon sang bout, je me sens dépassée par une rage sincère et ma journée est gâchée.

 

  • Chers voleurs de selles/pédales/chaînes, pourquoi ?

 

Toutes ces questions s’interrompent quand, arrivée au pont de l’Alma, je vois la station Vélib’ remplie. Il ne me reste que 20 minutes de marche jusqu’à ma destination : est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Je ne sais pas mais je les teste tous un à un. Mes exigences sont au plus bas : un seul frein suffirait, une selle mal réglée ferait l’affaire, une roue légèrement voilée serait bien accueillie. Enfin ! Je trouve un Vélib’ qui a tout pour lui… à l’exception d’une pédale. Je réfléchis, j’hésite, je pèse le pour et le contre, fais le calcul bénéfice/risque. Finalement, je cède et j’embarque sur mon bolide, un pied posé sur la pédale de gauche et l’autre dans le vide.

 

 

Lucile N.

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