Assas et la vertu de l’indifférence : étude de la politique universitaire de Paris II à l’épreuve de la massification étudiante

NDLR : Cet article est une contribution extérieure à la rédaction de La Pravd’Assas.


 

A tous les étudiants assassiens qui en arpentant les couloirs de notre université n’ont pas la chance de croiser sur un visage aimé le plus beau cadeau qu’offre l’amitié : le sourire.

Par sa tradition, ses incessantes rumeurs et sa relative hystérie l’université Paris-II Panthéon-Assas se distingue indubitablement des autres facultés parisiennes. Avec plus de quatorze mille candidatures en licence par an, son prestige recherché semble s’étendre à l’infini au-delà des murs de la capitale. Malgré une première et dérisoire tentative de blocage cette année, Paris II semble au fil des années s’éloigner de toute problématique contemporaine liée au monde universitaire. A l’épreuve des grèves, des manifestations et même de la quarantaine le glas des examens maintenus et de la continuité du service public résonnent aux oreilles des étudiants affolés de cette gestion administrative si ferme et radicale. Épargnés de tout débat politique, les conseils centraux de l’université poursuivent sans la moindre contestation la mise en place de leur politique universitaire, politique magnifiquement teintée d’une fausse neutralité. 

Comme tout établissement public et sans aucun doute de façon exacerbée dans notre université, Paris-II se distingue par ses immenses qualités et ses mesquins défauts. La communication politique portée par le développement de l’activité universitaire et immobilière se voit, année après année, repeint d’un vert déroutant. Le développement de nouvelles formations et l’achat de nouveaux locaux priment de fait sur les banales problématiques internes, totalement absentes de ce discours public. Imperceptibles par l’engagement qu’elles demandent, je pense néanmoins que la plupart n’intéresse majoritairement plus nos responsables administratifs. 

Il n’est nullement question ici d’accuser personnellement quelconques des échelons mais peut-être de s’essayer à une mise en lumière de ces carences liées à la pratique universitaire. Les paradoxes d’Assas m’ont toujours fasciné et je tenterai dans cet article d’en faire un catalogue personnel et non-exhaustif, qu’ils soient de simples agacements personnels ou des réflexions partagées plus généralement par les étudiants. Si certaines de ces évocations encouragent à une évolution profonde que Paris II, je n’en doute pas, ne cesse de mener, d’autres ne sont que le reflet des désillusions d’un jeune homme trop naïf, incapable de revêtir des pupilles de réaliste et rêvant malheureusement encore d’une faculté au service de ses étudiants. Mais qui osera encore reprocher à la jeunesse d’Assas, dont les âmes dévorées tantôt par l’ambition tantôt par les humeurs noires de la dépression, de s’oser à rêver ?  

Après un rapide panorama de l’incarnation humaine de notre quotidien, portée par nos professeurs (I) et nos chargés de travaux dirigés (II), de l’encadrement physique et administratif (III), je tenais à développer deux sujets essentiels : le développement des prépas privées (IV) et la recherche d’une optimisation permanente comme corollaire d’un individualisme contemporain (V).

 

I – De nos professeurs et de leur rapport à l’éducation

 

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Une première distinction s’impose rapidement pour répertorier les professeurs de notre université : le rapport à l’éducation. La grande majorité de nos enseignants, éreintés par de trop nombreuses années d’amphithéâtre, ne témoignent plus d’aucune tendresse envers leurs étudiants. Cet exercice académique ayant perdu à leurs yeux tout son intérêt premier, le devoir seul semble les obliger. Il est cruellement naïf d’utiliser ce critère très partial de la dévotion portée à ses élèves. Pourtant cette carence saute aux yeux. Quel étudiant n’a-t-il pas déjà senti tout le mépris de son professeur ? Combien de ces agrégés ont-ils perdu tout l’intérêt du combat passionnant qui les oppose à cette hydre formée par les mille lumières blafardes des ordinateurs portables ? Certains ne se cachent même plus de ce désamour. La plupart refuse également d’assumer leurs responsabilités envers leurs étudiants de licence. En insistant bien chaque semestre n’être que très peu disponible ils n’hésitent pas à répondre sèchement ne « pas avoir le temps », grand leitmotiv du corps professoral. Je ne peux me détacher d’une amère impression qui a dompté mes années de droit. La classe professorale semble tournée davantage vers ses propres intérêts que de ceux de ses étudiants. Enfin existe-t-il un intérêt de l’étudiant à Assas ? 

Il est aisément concevable que débiter une leçon devant des centaines d’étudiants détient du génie. Cet exercice s’envenime par l’abandon progressif des élèves chaque semestre. Cette tristesse, ce dégoût, ces frustrations se sont transformés en maux uniquement inculpables aux étudiants. Nos grands pontes de Paris II sont derrières leurs prestigieux manuels et leurs vénérables master 2, des personnages odieux et rongés par l’égocentrisme. Commencer un amphithéâtre sans même saluer ses étudiants, s’irriter du retard pris en cours alors que ce même professeur est le seul à parler, s’indigner des notes catastrophiques (6,2 de moyenne sur 20 dans une équipe de droit administratif en L2 cette année) sans même chercher à établir un dialogue avec ses étudiants, accueillir des premières années en leur présentant la thèse de la « sélection naturelle », se moquer des tenues de ses étudiants, ne sont qu’une partie de l’infinité d’anecdotes tirées de ces longues heures d’amphithéâtres. Je peux compter sur les doigts d’une de mes mains le nombre de mes professeurs sur le visage desquels s’est déjà dessiné un sourire. Cette sévérité s’explique peut-être par la matière même du droit. Elle l’est surtout par ces choix d’enseignement. 

La plus grande hypocrisie de nos professeurs se personnalise pleinement dans le merveilleux bal du deuxième semestre. L’emploi du temps, déjà particulièrement condensé pour une université, ne s’accordant pas avec les priorités de nos professeurs, certains s’accordent de plein droit une ou deux semaines de vacances. Il est utile de rappeler que la plupart des étudiants n’ont même pas trois jours pour souffler après leurs oraux que déjà le deuxième semestre commence (dans le pire des cas certains n’auront le droit qu’à une seule journée lorsque le dernier oral tombe le samedi). Loin de s’intéresser à l’état de leurs brebis, ces prêcheurs surchargent les deux ou trois premières semaines du semestre de rattrapages pour pouvoir se libérer plus tard dans le semestre. Qu’il est curieux de voir un professeur revenir avec la marque de son masque de ski ou se rendre à quelques conférences juteuses aux quatre coins du monde alors que les travaux dirigés et les autres cours sont pourtant eux maintenus. Ce mépris à peine dissimulé est particulièrement insupportable, sachant que la plupart ne s’essaye même plus à une quelconque justification. De même, ces derniers savent pertinemment que la plupart des étudiants sèchent la première semaine de cours (les travaux dirigés ne commencent que plus tard) pour s’accorder quelques jours de vacances. Certains étudiants commencent donc le semestre avec cinq, six voire sept heures de retard. 

Au milieu de ce gratin attaché à ses petits privilèges, l’aura des quelques professeurs soucieux de leur statut et attentifs aux êtres humains présents à leur amphithéâtre rayonne tout particulièrement. La popularité démesurée de ces personnages s’explique ainsi sans difficulté. Le bilan relationnel des professeurs est tellement mauvais à Assas que consacrer une seule minute à un de ces étudiants permet de gagner sa confiance éternelle. 

Une catégorisation plus générationnelle de nos enseignants reste également intéressante. S’opposent ainsi les professeurs agrégés aux contractuels beaucoup plus jeunes. En troisième année et en master 1, j’ai eu la chance de suivre deux enseignements donnés par ces derniers. Quel étonnement ! Malgré une grande précarité et dans l’obligation d’enseigner les matières abandonnées de nos agrégés, on relève sans difficulté une véritable passion couplée d’une touchante volonté de bien faire et d’être disponible. Âge béni des premières années d’enseignement, me répondra-t-on ? Je ne pense pas. Baignés dans un univers beaucoup plus concurrentiel que leurs aînés et ayant renoncé aux appâts du gain ou de la magistrature, ces anciens excellents étudiants ont su mettre leur humilité au service du bien commun. Cette année, une enseignante est la seule, et ce en toute ma carrière à Assas, à avoir pris la peine de prendre une heure pour répondre (et j’insiste) à toutes les questions de ses étudiants. Pour la première fois en cinq ans, « quelqu’un » affichait la volonté de raisonner et, je la cite, les « questionnements, interrogations, angoisses existentielles » de ses élèves. J’ai appris plus sur la poursuite des carrières juridiques en cette seule heure qu’en quatre ans d’université. Ce réel souci de cohésion d’accompagnement se ressent de l’enseignement jusqu’au relationnel avec les chargés de TD. Ces préoccupations sont bien trop souvent absentes des pensées de leurs aînés. 

Au-delà de cet orgueil dévorant, certains professeurs, par leur charisme et leur goût de la provocation, marquent terriblement leurs pupilles. Les plus effrontés sont généralement ceux desquels je garde les meilleurs souvenirs. Leurs piques, chatouillant les réserves des étudiants les plus frileux, les poussent à construire et développer leurs intelligences encore avides. Cette pluralité d’idées et de caractères propres à Assas est indispensable à la construction d’un raisonnement intellectuel et juridique. 

Comme la grande majorité de mes camarades, en n’ayant connu comme université que Assas, je ne peux point souffrir de comparaisons. Je n’ai nul souvenir de la moindre lacune. Les témoignages de la grande vague d’étudiants provinciaux débarquants en master 1 semblent confirmer le niveau et les exigences de l’université. De même, chaque étudiant est parfaitement conscient des heures de travail nécessaires à la préparation d’une seule heure d’amphithéâtre et on accordera à nos enseignants un réel souci d’actualisation et de clarté. 

Si les heures passées en amphithéâtres peuvent rapidement se transformer en d’immenses dictées, ce phénomène répond à l’évolution comportementale des étudiants. L’expansion de l’utilisation des ordinateurs portables a profondément transformé le rapport au cours magistral. Le pilotage automatique, l’attitude qui consiste à recopier à l’identique le débit professoral, a remplacé la prise de note intelligente et considérablement abaissé le niveau global de réflexion. Combien d’étudiants sortent de cours sans même avoir retenu une des grandes idées énoncées au cours de l’heure ? Néanmoins, les attentes professorales peuvent également être vues comme un des facteurs de cette régression. En favorisant les épreuves de récitation empirique, les professeurs délaissent massivement l’évaluation pratique. 

Les oraux, autrefois quintessence du parcours universitaire, sont délaissés au profit de méthodes évaluatives moins coûteuses : les oraux-écrits (récitation écrite de trois ou quatre points du cours pendant une heure et demi). Néanmoins, les professeurs qui ont fort heureusement maintenu l’exercice oral semblent s’effondrer face à ce défilé nihiliste d’étudiants babillant quelques lignes apprises par cœur.  Les oraux de troisième année sont, pour cet exercice, devenus légendaires. Tout détient de l’absurde ! Les élèves se doivent d’ingurgiter plus de cent pages de cours de plusieurs matières complémentaires imposées et souvent bien loin de leurs spécialités. Les élèves publicistes se retrouveront ainsi, par exemple, accablés de droit des contrats spéciaux et de droit des affaires. Le bachotage s’impose évidemment comme la seule solution. Le professeur ne prend, le plus souvent, même plus la peine de s’intéresser à son étudiant. Il l’éjecte rapidement après quelques minutes de récitation sur le petit 3 du petit b du grand II de la partie quatre. Que ces oraux sont absurdes, qu’ils sont injustes, qu’ils sont méprisants. On notera que le temps de préparation est même parfois jugé non nécessaire. Ainsi en troisième année, après que le candidat précédent n’ait tenu que quelques secondes, l’examinateur, connu pour ne même pas dire bonjour, m’a bombardé d’un « abus de minorité » pour lequel j’ai tout de même décroché un honorable 6/10, et ce malgré l’absence de question subsidiaire et de commentaire du professeur. L’oral n’aura pas duré plus de deux minutes ! 

Pourquoi maintenir ces oraux ? Qu’apportent-ils ? Cela restera une des grandes incompréhensions de ma scolarité. Avec un concours aussi difficile les agrégés se sont violemment battus pour exercer cette profession. Comment peuvent-ils traiter leurs étudiants avec autant de cynisme ? Comment est-il possible d’exercer ce métier sans aucune bienveillance ? Mon anecdote préférée sur ces oraux restera éternellement cette timide élève qui a osé demander à son examinateur de ranger son téléphone. Après un regard dédaigneux, elle n’a même pas obtenu la moyenne. Oh ! De grâce ! Une petite inspection de ces oraux ne ferait de mal à personne. 

Pour conclure sur ces intrigants personnages, il est nécessaire de relever une absence totale de formation aux méthodes éducatives. Un décalage générationnel silencieux est venu creuser un profond fossé entre la chaire professorale et les bancs des élèves. Beaucoup ne témoignent d’aucune volonté d’évoluer et surtout, et c’est je pense le point le plus important, utilisent un référentiel complètement différent du nôtre. En utilisant comme modèle de positionnement les attitudes de leurs propres professeurs ils imposent la perpétuation d’un modèle au sein duquel seule une faible partie de la population avait accès à l’enseignement universitaire. Les étudiants et les méthodes ont profondément évolué. Pourquoi comparer leurs propres études avec des licences aujourd’hui remplies de plus de mille étudiants et une sélection nationale ? J’espère sincèrement que le concours d’agrégation sera maintenu. En revanche, une évaluation pédagogique plus profonde s’impose. Quand est-ce que des semaines de formation seront enfin imposées ? J’espère tout particulièrement que ces derniers s’intéresseront un jour un peu plus au mal-être omniprésent à Assas et tenteront d’évacuer leurs frustrations sur autre chose que leurs élèves.   

Les réponses à mes observations sont évidentes : la faculté n’a pas le temps, pas le budget, pour se consacrer à ses étudiants. Les élèves sont devenus trop fragiles. Ce n’est pas la mission de la faculté, etc. Premièrement, la plupart des reproches que l’on peut adresser aux professeurs sont facilement corrigeables. Osons refuser de considérer comme admissible le manque de temps d’un agrégé, professeur depuis vingt ans, qui serait surchargé par ses recherches ou ses préparations. Tout n’est qu’une question de volonté et c’est bien ici le problème de fond de notre université. Les professeurs ne semblent témoigner d’aucune envie de s’investir davantage. Cela pourtant était pendant longtemps leur rôle naturel. Hélas, si l’initiative ne vient pas d’eux, le statu quo sera maintenu. Deuxièmement, si Assas ne dispose pas du budget nécessaire pour pourvoir aux besoins de ses étudiants, quelques questions d’organisation budgétaire s’imposent. Certains investissements éducatifs (des travaux dirigés moins bondés ? Plus de moyens pour l’administration ?) n’apparaissent-ils pas bien plus nécessaires que la construction d’un plafond extravagant ou le recours à un architecte de renom pour l’aménagement de la bibliothèque ? Enfin, si les professeurs n’ont évidemment pas à garantir l’état moral de leurs étudiants, il serait bon que certains se positionnent comme de réels êtres humains et non comme de simples automates venus pour débiter leurs six heures hebdomadaires. Assas en serait sauvée ! Les méfaits de l’individualisation ont bien évidemment rongé le monde étudiant mais, sans s’en douter, ce sont nos enseignants qui promeuvent les premiers, ce désolant chacun-pour-soi. 

 

II – Des chargés de travaux dirigés ainsi que de leurs missions

 

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De toutes les créatures qui peuplent le monde enchanté de Paris II, les chargés de travaux dirigés en sont de loin les plus intéressantes. Dotés de seulement quelques années de plus que leurs élèves ils doivent pour un salaire dérisoire et une reconnaissance inexistante assurer le service après-vente des grandes dictées données en amphithéâtre. L’autorité du chargé se fonde sur un seul critère néanmoins essentiel : la détermination de la note de contrôle continu. Ainsi, lors des deux premières années de licence cette évaluation correspond à la moitié d’une matière fondamentale (droit civil, administratif, etc.) pour ne plus que représenter un tiers en troisième année de licence et en master 1. Le plus souvent, et fort malheureusement, la plus grande majorité de cette note est arrêtée par le galop d’essai, examen de mi-semestre, corrigé uniquement et sans garantie d’anonymat par le chargé. Cette année, en master 1, une de mes chargés de TD a profité de la remise des galops pour relever son manque d’étonnement face aux notes catastrophiques de certains de ses étudiants. Attitude courante, témoignant de l’absence d’autonomie morale et d’objectivité des correcteurs. Relever le manque d’investissement de premières années ensommeillées par les longues soirées étudiantes est une chose, humilier publiquement des étudiants de vingt-deux ans en est une autre. Encore une fois, la frustration règne et les victimes collatérales en sont, comme toujours à Paris II, les étudiants. 

L’insuffisance de formation des chargés de travaux dirigés se manifeste radicalement dans la disparité de leurs niveaux. S’il ne fait aucun doute qu’un agrégé cherche à s’entourer d’une équipe motivée et passionnée, je me demande combien ont réellement pris la peine d’obtenir un retour sur l’enseignement de leurs collègues. Aucun de mes professeurs n’a inspecté le moindre de ses travaux dirigés. Inspection que ma naïveté trouverait pourtant indispensable. Ces lacunes pédagogiques et ce décalage avec les attentes étudiantes ne peuvent, en revanche, pas être reprochés aux chargés eux-mêmes mais uniquement aux responsables de formation de Paris II. Il est en effet irréfutable que nos chargés travaillent comme des fous et ce au-delà même de la mission qui leur est confiée. La tendance, paraît-il, serait à la prose par mails. Une de mes enseignantes aura ainsi témoigné devant sa classe de son désespoir face aux nombres oppressants de mails hebdomadaires de ses étudiants. Ce phénomène n’est toutefois pas étonnant. Privés de tout accompagnement pédagogique et intimidés par les refus de leurs professeurs (« pas le temps »), les étudiants se rabattent fatalement sur leurs seuls contacts humains.

L’injustice des travaux dirigés repose à la fois dans la notation disparate d’un groupe à l’autre ainsi que dans la volonté, énoncée ou non, de préparer les étudiants au partiel. Certains chargés font des partiels une affaire personnelle et cherchent à doter leurs élèves des clefs nécessaires à la réussite des exercices. D’autres s’impliquent moins ou pas du tout et se contentent d’une vulgaire correction des documents et d’un semblant de réponses aux questions hebdomadaires. 

Comme pour leurs aînés, la frustration et les colères des chargés se répercutent souvent sur leurs étudiants. L’agrégation de droit public ne prévoyant cette année que six postes à ces 146 candidats sélectionnés, les chargés-thésards ne semblaient guère s’investir outre mesure dans la préparation de leurs cours. Par ailleurs, très peu semblent faire de l’enseignement une passion. Ainsi, l’ambiance dans le TD, censée être fédératrice, ressemble plus à une petite compétition exacerbée des élèves en quête de reconnaissance dans une classe où l’autre moitié somnole ou parcourt inlassablement le fil d’actualité Facebook. La salle de TD se prête quelquefois à toutes les hystéries avec ses contrôles surprises, ses crises de larmes, ses expulsions d’étudiant (encore vu cette année en M1). Mais, comme de coutume à Assas, l’air y reste toutefois pollué par cette indifférence caractéristique. L’adhésion des étudiants aux méthodes et aux enjeux universitaires est médiocre. Très scolaires et sans volonté aucune d’émancipation intellectuelle, les étudiants d’Assas ne se définissent qu’à travers leur notation. Pour le reste, le je-m’en-foutisme prime avec des accents proches de l’insolence. Finalement, face à un corps éducatif rêveur, des conséquences sont rapidement apparues. 

Règne donc dans les étages d’Assas (les amphithéâtres sont au rez-de-chaussée) une odeur étrange, un précieux mélange d’angoisses et d’ennuis, terne et silencieux, parsemé de soupirs et de crises de larmes dans les toilettes, un beau 7/20 en main. 

 

III – De la grandiloquence de nos locaux et de notre terrible calendrier universitaire

 

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Assas dispose de locaux absolument exceptionnels et parfaitement entretenus. Vaugirard, le Centre Assas et même les amphithéâtres Guy de la Brosse garantissent une qualité logistique irréelle pour une structure en plein cœur de Paris. Un simple échange avec un étudiant d’une autre faculté fait rapidement apparaître l’incroyable qualité de l’offre logistique de Paris II.   

Maintenir une unité de vie parallèle à son emploi universitaire demande une volonté de fer. Avec des travaux dirigés commençant à sept heures trois quarts et se terminant à vingt-deux heures, sans réel souci d’harmonisation, l’université ne fait preuve d’aucune pitié envers ses étudiants les plus éloignés. Je n’ai jamais supporté cette prétention absolue à définir ses élèves comme « flexibles ». Nos professeurs s’obstinent à s’étonner des abandons progressifs alors que leurs créneaux correspondent à la septième heure d’amphithéâtre de la journée (ils n’ont sûrement pas le temps de s’y intéresser). Personne ne niera que la création d’un emploi du temps commun est un exercice complexe, relevant de la folie. D’ailleurs, ces mêmes professeurs sont le plus souvent les premiers à se plaindre des horaires imposés. Néanmoins, un réel souci d’harmonisation est indispensable. Le trop gros nombre d’heures d’amphithéâtre en troisième année pousse l’étudiant à ne se rendre qu’à un choix de matière et à s’arranger avec des camarades pour récupérer ses absences. Assister à ses cours, les reprendre, préparer ses travaux dirigés et peut-être mener quelques réflexions parallèles relève de l’impossible. Autant entamer l’apprentissage des arrêts par cœur au lieu de perdre du temps avec la préparation des travaux dirigés. En dehors des matières fondamentales (et encore…) cette exigence prime au-dessus de toutes les autres. 

Il est de bon ton de se plaindre de l’administration. Nos professeurs ne se targuent d’ailleurs pas d’anecdotes proches de l’humiliation envers leurs « collègues de l’administration ». En réalité, et malgré des horaires d’ouvertures restreints, nos professeurs seraient curieux de savoir que les administratifs de Paris II se retrouvent chaque année avec des centaines de bras-cassés devant eux. A l’image des chargés de travaux dirigés, et spécialement au moment des inscriptions et des rattrapages, ces salariés de l’université traitent du cas de nombreux étudiants relativement paumés. 

Le calendrier universitaire est un autre exemple de volonté affichée de favoriser les professeurs au détriment des élèves. La politique administrative semble poursuivre un objectif unique : compresser au maximum les semaines de cours pour réduire drastiquement les coûts liés à l’entretien de la faculté et offrir aux professeurs un grand nombre de semaines libres pour vaquer à leurs occupations. Si ces finalités restent légitimes et permettent ainsi aux étudiants d’effectuer des stages lors des quatre mois pendant les vacances annuelles, elles portent de lourdes conséquences. 

Terminer son année à Assas relève avant tout de l’exercice physique. Le premier semestre se compose de douze semaines sans aucune pause. Les étudiants retournent éreintés fêter Noël en famille avant d’entamer immédiatement leurs révisions, les partiels du premier semestre n’ayant lieu qu’après. De même, après trois semaines d’examens (si l’étudiant est évalué à l’oral), le deuxième semestre commence immédiatement. Depuis le mois d’octobre et jusqu’aux deux semaines de vacances de Pâques l’étudiant n’aura bénéficié d’aucune semaine de véritables vacances (c’est-à-dire hors révisions) et donc sur une durée de six mois. 

Pourquoi ne pas rajouter une semaine de vacances à la Toussaint ? Malheureusement, mon cynisme me pousse à conclure que ce repos ne serait nullement dans l’intérêt de l’université. Laisser un temps aux étudiants pour se ressourcer et reprendre leurs cours améliorerait les résultats aux partiels du premier semestre. Et même si ça n’a pas toujours été le cas, les valeurs d’Assas se sont ancrées ces dernières années sur le dégagisme, la sélection naturelle et l’élitisme. Comme de nombreuses autres universités, Paris II s’est vue débordée par la massification universitaire et l’explosion du nombre d’étudiants en première année. Ne pouvant bien évidemment pas assurer, ne serait-ce que pour des raisons matérielles, la formation de 2000 étudiants par promotion, il est plus simple de pousser les élèves par la sortie en ne leur assurant aucun suivi, aucune vacance et aucune aide. Pourquoi ne pas avouer que le meilleur étudiant pour Assas est celui qui disparaît sans un bruit ?

 

IV – Du développement des prépas privées et des interrogations qui en découlent

 

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Un travaux dirigé de droit administratif affreusement banal, une soirée de novembre plongée dans un noir angoissant, une étudiante qui répond parfaitement aux questions de son chargé, un ordinateur laissant apparaître un tableau parfaitement tenu où chacun des arrêts étudiés semble être parfaitement recensé…. Tableau quelconque d’une étudiante brillante ? Le doute s’installe alors que sa voisine se presse de lever la main supportée par les réponses de ce même tableau, sur un autre ordinateur. 

Les professeurs sont les premiers à s’indigner du développement massif des enseignements parallèles à ceux de l’université. Le cas d’Assas complexifie le panorama déjà existant de cette offre privée puisque l’accompagnement ne se caractérise non par la préparation d’un concours comme le barreau ou d’une première année de médecine mais bien du contrôle continu et des partiels de licence. De plus, ces prépas sont spécifiques à Assas et non à un enseignement général universitaire juridique. Leurs enseignants sont, pour la plupart, des chargés de TD qui pantouflent en jouant la double casquette université-prépa. L’université peut-elle garantir moralement l’objectivité de ces enseignants quand certains dispensent des cours dans des structures concurrentes ? Enfin, sont-elles vraiment concurrentes ? Et ce point soulève toute la perversité de ces classes préparatoires. Au fond, Assas n’a rien à y perdre ! Ces étudiants seront meilleurs, et tout le support humain donné est au fond un engagement de moins à pourvoir pour le budget de l’université. 

Les formules de ces entreprises se sont multipliées, ouvrant un éventail de formations allant du suivi annuel à la semaine de révision intensive en vue d’une seule épreuve complémentaire. La page d’accueil du « Cours d’Assas », installé à quelques pas des bâtiments de l’université, semble ainsi offrir à ses étudiants des résultats tout à fait satisfaisants. Comment expliquer le développement rapide de ces pratiques ? 

La première réponse, évidente, n’est que l’absence totale d’encadrement des étudiants, particulièrement en première année. Nos professeurs n’étaient pas plus accompagnés quelques décennies plus tôt et pourtant ces prépas n’existaient pas. Cette différence de pratique s’est imposée par l’explosion du nombre d’étudiants et la perte d’ancrages sociaux. La faculté n’est plus aujourd’hui un lieu de socialisation et ne souhaite plus assumer le rôle de formation humaine de ces étudiants. Elle est devenue une machine dispensaire de ces heures de cours. Dès les premières heures d’amphithéâtre, la barre est mise très haute. Un de mes professeurs de première année s’amusait du trop grand nombre d’étudiants en insistant bien sur le fait que la plupart de ces auditeurs ne disposait pas du niveau nécessaire pour suivre sa leçon.  L’étudiant, isolé et non prêté au jeu universitaire, se retrouve privé de tout soutien précipitant ainsi ces élèves craintifs dans les bras ouverts des prépas. Par des pratiques commerciales intelligentes, comme les partenariats avec les associations étudiantes tractant devant l’entrée de l’université et un investissement massif dans la publicité sur les réseaux sociaux ces entreprises ont réussi leur coup de force : s’imposer dans le paysage universitaire. Chaque étudiant sait qu’elles existent. L’université cherche tout de même à minimiser ce décalage et la création d’un parcours réussite (enseignement allégé avec du soutien en méthode, en français et en culture générale) est un bon pas dans ce sens. Il reste néanmoins très insuffisant. 

Sans accès aux catégories socioprofessionnelles des parents des étudiants de Paris II, un rapide coup d’œil sur les étudiants inscrits en prépa permet de dégager un premier constat, évidemment ! Ces étudiants sont issus de familles bourgeoises parisiennes, ayant fait leurs études dans des lycées privés et avec des parents soucieux du manque d’encadrement proposé par l’université. En première année, les angoisses parentales semblent la première motivation d’un soutien parallèle. En ayant déjà depuis le lycée proposé à leurs enfants des cours particuliers, des stages de révisions et, par une volonté affirmée de « maximiser les chances » de leurs enfants, ces familles sont déjà acquises à ces pratiques parallèles. L’inscription en prépa se place donc nécessairement dans une étude beaucoup plus générale de déresponsabilisation de l’étudiant par sa famille et de prise en charge par des partenaires extérieurs des responsabilités abandonnés de l’enseignement. En prépa, l’étudiant parle avec des adultes de ses notes, de sa méthode de travail, de ses révisions, ce que l’université ne lui permet pas. 

Cet engouement pour les prépas traduit aussi un premier malaise générationnel. Une grande majorité de notre classe d’âge ne sait plus travailler. Dès la deuxième année, Assas impose des exigences supérieures aux autres facultés de droit. La parfaite exhaustivité de connaissances demandées aux étudiants lors des évaluations en est une illustration. L’apprentissage par cœur est une étape essentielle de la formation intellectuelle de l’étudiant. Néanmoins, cette capacité d’apprentissage n’est plus développée pendant l’adolescence. Les chargés de travaux dirigés développent pertinemment des thèses « d’apprentissage intelligent » insistant particulièrement sur l’idée que le droit n’est pas du par cœur mais de la réflexion. Evidemment que l’exercice de la mémoire n’est pas l’unique garantie de résultats convenables. Néanmoins, elle est un prérequis indispensable. Cette nécessité, doublée de la préparation des travaux dirigés est terriblement chronophage. Paris II réclame un investissement personnel énorme. 

A rebours d’une politique générale de nivellement par le bas, Paris II continue d’imposer de très hauts standards quantitatifs à ses étudiants. Cette exigence est une véritable chance. Néanmoins, ces standards expliquent eux aussi l’attrait de ces prépas. Couplée à l’apprentissage, la préparation des travaux dirigés demande des heures de lecture et de travail. Cet exercice, véritable éducation juridique, n’a plus sa place dans un monde où tout tend à l’optimisation permanente. D’ailleurs le Cours d’Assas résume très bien sur son site cette tendance « En effet, chaque fiche de TD doit être préparée pendant 7 heures par l’étudiant. Notre prépa propose d’accompagner l’étudiant sur la préparation de son TD : les 7 heures de travail personnel sont ramenées à 2 heures de travail avec la prépa. C’est un gain de temps de 5 heures obtenu grâce à l’efficacité des professeurs du Cours d’Assas. »  

Enfin, comme dernière piste de réflexion, peut être relevé le décalage entre les cours d’amphithéâtre et les sujets d’examen. Mes trois années de licence regorgent d’exemples criards. Certains de mes professeurs se sont toujours grandement réjouis de nous concocter des sujets d’examens « à côté de la plaque », à peine abordés lors des trois heures de cours hebdomadaires. Ces savants se targuent d’évaluer la capacité de réflexion de leurs étudiants et ne manquent pas de s’indigner à l’orée des notes catastrophiques obtenues. Ces sujets faramineux, les prépas en ont parfaitement compris les enjeux. En première et deuxième année, elles avaient ainsi « deviné » les sujets et fait plancher leurs élèves sur le sujet qui tomba trois jours plus tard. Je profite de cette évocation sur les sujets pour saluer un adorable chargé de TD qui, au lendemain des sujets improbables du professeur de droit administratif, osait à peine nous regarder dans les yeux en demandant avec une réelle sincérité ce que nous avions pensé de l’épreuve.

 

V – De l’optimisation permanente et de la sélection en master 2

 

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Malgré une vie étudiante et des associations actives et fort sympathiques, Assas semble condamnée à un délitement du lien social, poussé par une concurrence exacerbée et un mal-être de plus en plus général. Si la responsabilité professorale dans cette évolution est évidente, le comportement de nombreux étudiants participe à cette dégradation. Un jeu de classes s’observe ainsi particulièrement au sein de l’université avec, dès la première année, un rapprochement au sein d’associations qui, à travers leurs recrutements, exercent une véritable violence sociale. 

La charge de travail, l’absence de bienveillance et l’indifférence générale poussent à la recherche d’une « optimisation » de chaque heure passée à la faculté. La part des étudiants présents à tous les cours tend à devenir extrêmement faible. Les cours se récupèrent par une simple demande par message. Ces PDFs se retrouvant complètement décontextualisés, le lien avec le professeur et son enseignement, déjà presque inexistant, se voit ainsi totalement rompu. Transformés en véritable objet de consommation, les cours s’avalent et se rejettent en quelques jours lors des semaines d’examen. La recherche de développement et la construction d’une pensée juridique n’existent pas ou plus. Aujourd’hui, tout est lié à l’apprentissage en vue du partiel. Cette fabrique d’étudiants rompus à la pratique concurrentielle et incapables de construire un raisonnement intellectuel se retrouve sans grande surprise calquée dans les grands cabinets d’avocat. 

Pour une majorité d’étudiants, l’expérience du master 1 s’avère particulièrement traumatisante. Après quatre années difficiles, l’étudiant moyen est encouragé à postuler ailleurs. Certains enseignants ne cachent pas leur mépris de ces « master en province » où les étudiants exclus se trouveront « beaucoup mieux ». Heureusement, cette vision ethnocentrée ne correspond pas à la réalité de l’offre de master en France où les universités extérieures à Paris II proposent d’excellents masters spécialisés. Par ailleurs au sein de ces masters les plus compétitifs, les témoignages se rejoignent pour constater une baisse drastique de la charge de travail une fois admis. Après quatre ans de travail acharné, les efforts se voient enfin récompensés. 

Une seule de mes professeures, et encore une fois contractuelle, a évoqué la possibilité d’une vie étudiante épanouie en dehors d’Assas. Une certaine haine se cristallise très rapidement sur ce point. Le problème de fond se lit à travers la disparité des notes entre les étudiants d’Assas et ceux des autres facultés. Parallèlement à quelques provocations, « un 18 dans tel fac, vaut 10 à Assas » et autres petites piques, ce décalage traduit un profond mal-être de la part d’étudiants qui, par leurs notes, ne peuvent prétendre à la poursuite de leurs études au sein de leur maison. En effet, la sélection en master 2 de Paris II ne semble appliquer aucune préférence à ses propres élèves. Certaines promotions ne comportent ainsi que deux ou trois étudiants ayant réalisé l’ensemble de leur parcours à Assas. 

Je conseillerais à un étudiant encore incertain de son avenir professionnel de ne pas candidater à Paris II en licence de droit. La première année ne ressemblant pas tellement à une année de droit (beaucoup d’histoires, très peu de technicité juridique), les étudiants fragiles se retrouvent pris au piège en L2. Avec un niveau soudainement brutal et une violente conscience de la réalité juridique (droit administratif, droit civil) à laquelle ils n’ont été que très peu préparés en première année, un premier découragement conduit rapidement aux rattrapages et au redoublement. Le bachotage demandé par Assas peut être utile méthodologiquement en vue de la préparation d’examens mais concrètement, il n’apporte que très peu, la plupart des matières imposées s’oubliant dès le lendemain de l’épreuve. De même, la troisième année et le master 1 sont des années très difficiles alors pourquoi s’acharner à travailler autant à Assas si ce n’est pour finalement se faire évacuer sans un sourire en master 2. 

 

Conclusion des plus générales

Si Assas a su s’imposer dans le paysage universitaire français comme une excellente et sûrement la meilleure formation juridique française, elle semble renier l’héritage universitaire qui la compose. A quelques exceptions remarquables, que je remercie au passage, les professeurs ont délaissé toute prétention humaine et semblent utiliser la faculté pour servir leurs propres intérêts et concurrencer le plus possible leurs sélections au sein de leurs propres masters 2. La plupart des étudiants disparaissent au fil des années tandis que les plus doués et les plus travailleurs s’entretuent pour quelques places en cinquième année. Malgré la multiplication des associations étudiantes, l’ambiance générale d’Assas est très négative, portée par les saillies incessantes des professeurs et de leurs chargés de TD ainsi que par l’atomisation au milieu de promotions bien trop massives. 

Pour s’assurer de passer ses années universitaires dans de bonnes conditions, de nombreux prérequis sont indispensables : une grande capacité de travail, une vie affective familiale et amicale solide en dehors de l’université, une grande confiance en soi et pourquoi pas des économies pour être encadré par une prépa. De même, certains changements s’imposent et sont par ailleurs déjà demandés par les représentants étudiants élus depuis plusieurs années : au moins une semaine de vacances à la Toussaint, une double correction anonymisée pour les galops d’essai, une vraie double correction pour les partiels, le plafonnement à 20 du nombre d’étudiants en TD, la possibilité d’entretiens avec les professeurs à partir de la L2, l’inspection annuelle par les professeurs de leurs chargés de TD, la fixation d’un barème de TD systématique pour chaque groupe afin d’éviter les grandes disparités de moyennes, la refonte du système de sélection en master 2 et surtout un rapport externe sur les pratiques professorales au sein de l’université. Une réorganisation des trois semaines de partiels apparaît aussi indispensable avec des oraux qui évaluent en profondeur le travail fourni par l’étudiant. L’intérêt des matières mineures se doit également d’être étudié et une recherche du développement du travail juridique de l’étudiant s’impose à la place du bourrage de crâne annuel. Pour cela, un système d’évaluation en deux temps (un écrit et un oral pour une matière) avec moins de matières par semestre apparaît beaucoup plus judicieux. 

Je conclurai sur la plus connue des légendes de notre université « Assas la fac de droite ». Cela fait bien longtemps que les gens à Assas ne sont plus de droite ni ne sont plus fachos, la sélection en master 2 est aujourd’hui la seule chose qui intéresse ses étudiants. Pour le reste … ils n’ont plus le temps !

 

Louis S.

 


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