L’Envie d’avant – Elsa Grousseau

C’est l’été, quatre jeunes rentrent d’une soirée en voiture, il fait chaud, ils ont bu, ils roulent vers leur avenir. 

Un gamin à vélo en travers de la route va changer leur trajectoire. 

Ils vont vivre ou tenter de vivre après ça.

S’aimer, se haïr, se mesurer, crier, danser et courir après cette vie qu’ils viennent juste de commencer. Ensemble. 

En cette période si particulière, sortir n’est pas une décision facile à prendre. Allons-nous attraper la nouvelle peste ? Allons-nous la transmettre à notre tour ? 

Balayons ces doutes et concentrons-nous sur ce qui peut être contrôlé, ce qui est de notre ressort, et non de celui du pur hasard.

Alors, oui, ne prenons pas de risque. Mais s’il fallait en prendre un seul – pas deux ! –, foncez au Théâtre Montmartre Galabru, 4 rue de l’Armée d’Orient, dans le joli 18e arrondissement de Paris. Ce que vous y découvrirez guérira vos maux et vous rendra ce sourire que vous avez perdu depuis maintenant plusieurs mois interminables.

Cinq acteurs sur une scène, un décor minimaliste, et le temps semble s’arrêter tant cette pièce nous rappelle les jours heureux derrière nous. Jamais 75 minutes nous auront paru si courtes.

L’envie d’avant, pièce écrite et mise en scène par Elsa Grousseau, vient nous suffoquer instantanément, et ce, dès les premières minutes : un accident de voiture, et l’intrigue est lancée. 

Paul Barki (Simon), Pauline Maisonneuve (Garance), Arnaud Fiore (Samuel) et Eléonore Seguin (Zélie) incarnent si magistralement leurs personnages respectifs que nous nous demandons même s’ils interprètent un rôle. Qu’il soit de composition ou taillé sur mesure, la conclusion qui découle naturellement de cette assertion est la reconnaissance de leur talent, car faire croire au spectateur que l’illusion est réalité au moyen de simagrées et autres contorsions, c’est faire honneur au métier de comédien. 

Et comment oublier la présence d’apparence superflue et pourtant indispensable de Bastien Anfosso jouant une conscience moralisatrice, susurrant à l’oreille des coupables, les raisonnant et les hantant au même moment.

De la danse, du chant, de la musique, des lumières. Les arts nous parlent et nous restons bouche bée. Un véritable spectacle aussi éblouissant que bouleversant nous est offert. Le jeu des jeunes comédiens est maîtrisé, de bout en bout. Tantôt amis, tantôt ennemis, les protagonistes viennent gommer la frontière virtuelle séparant amour et haine, le tout avec une fascinante passion. 

Plus qu’une histoire, c’est un épisode de la vie qui est narré ici. Bien que dramatique et fondée sur une malheureuse mésaventure, cette pièce n’en est pas moins réaliste, et répond à nos interrogations les plus intimes, inhérentes aux problèmes métaphysiques de notre société. 

Pouvons-nous faire fi du passé pour créer notre propre futur ? Le présent peut-il naître ex nihilo ? C’est ce que cherchent à faire Simon, Garance, Zélie et Samuel. Mais y parviendront-ils ?

A deux pas de la basilique du Sacré-Cœur, venez religieusement écouter aussi bien les lamentations que les émois de ces futurs – déjà – grands artistes. 

L’Envie d’avant – Les lundis à 19h30 du 14 septembre au 14 décembre 2020 au Théâtre Montmartre Galabru, 4 rue de l’Armée d’Orient. 

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