L’étudiant qui aimait trop les femmes.


Écrit par un homme et une femme émancipés et fiers de leur opinion.


 

À Assas, on n’a pas tous notre Master 2, mais on a des idées. Toi, petit filou qui te voyait déjà Mark Zuckerberg des années 2010, planqué dans ton paradis fiscal des Îles Caïmans et à la tête d’un empire numérique, tu pensais avoir trouvé l’idée de génie. Celle qui rendrait tout TD de droit administratif des biens ou de procédure civile inutiles à ta réussite. Bref, le pied quoi. Tu allais devenir la Geneviève de Fontenay 2.0, c’était sans compter sur les photos.

Tu le savais bien, pourtant, que Geneviève n’aime pas les photos. Alors mettre en ligne celles de tes voisines d’amphi sur ton site internet pour que la vox populi décide de la plus jolie, sans leur demander leur avis, c’était pas bien malin, voire franchement border. Mais tu es passé outre le droit à l’image, et tu as même acheté un nom de domaine, tellement t’étais chaud. Comme le crime, le business plan était presque parfait.

On a beau avoir un plafond lumineux des plus design, tu n’as pas été touché par sa lumière. Certes non. Mais dès le début, tu nous montres tes bonnes intentions : « Nous ne voulons pas afficher le classement en entier car le but est simplement que tout le monde s’amuse ». Et il y aura à boire et à manger pour tout le monde : tu promets un équivalent pour les garçons. Las, les championnes de l’égalité à tout prix ne te laisseront même pas rétablir l’équilibre…Ce sont d’ailleurs les mêmes qui ont supprimé «Ah qu’elles sont jolies les filles de mon pays » de leurs smartphones. Te rends-tu compte, célébrer la beauté féminine, quelle infamie ! Car, oui, il semble que de nos jours, le féminisme soit exclusif d’un éloge de la beauté de la femme. Bien entendu, la femme ne se réduit pas à son physique, mais nier le droit de constater sa beauté, c’est nier le droit de célébrer entièrement et pleinement celles que les poètes ont longtemps dit appartenir au « beau sexe » .

Mais le mieux dans cette affaire, c’est qu’elle a permis de pointer ce qui empoisonne nos vies tous les jours : LE SEXISME A ASSAS. Assas, fac où les étudiantes ont peur de flâner en jupes et en talons, où la domination masculine est omniprésente, jusque dans le « symbole phallique » que sont les micros de nos profs d’amphis. Comme si les copies brillantes de nos futures lauréates étaient différenciées de celles de leurs concurrents masculins…Certains diront que le correcteur peut toujours distinguer une écriture féminine, mais c’est pas sexiste, ça ?

«Les étudiantes ne vont pas à l’Université pour être élues plus belles fille d’Assas, mais pour se former et obtenir des qualifications qui leur permettront de s’insérer professionnellement mais également de s’émanciper et d’être autonomes», disent certains. Doit-on comprendre que les étudiantes d’Assas ne sont pas déjà émancipées et autonomes ? Etudier est-il nécessairement exclusif des autres amusements que la vie peut offrir ? Ce ne sont pas les multiples associations que compte l’Université qui répondront par l’affirmative…Et si demain une association organisant un concours de beauté se crée, qui pourra juger celles qui y participeront ?

Alors petit filou, si tu veux présider cette association, n’oublie pas : la prochaine fois, demande les autorisations ! Libres de te les accorder seront celles qui sont et resterons toujours les belles et brillantes étudiantes de notre Université.


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