Ce bloc opératoire qu’on appelle la BU

Je te vois, étudiant, affalé dans le pouf de ta chambre d’ado. Tu trainais sur Facebook et as ouvert machinalement cet article pour passer le temps. A ce moment là, tu es en train de réaliser que tu perds le contrôle, que tu vas rater ton année, que ta vie s’écroule ; tu paniques ! Alors, pour te donner bonne conscience tu vas fermer ton ordi, enfiler un pantalon, et te mettre au travail. Mais ta chambre n’est pas un bon environnement, tu pars donc à la BU d’Assas.

Quand tu rentres dans la bibliothèque, située ironiquement en face de l’endroit où toutes tes révisions seront anéanties par un sujet imprévu, tu prends tout à coup une allure sérieuse. Tu n’es jamais venu ici, et tu ne veux pas paraître comme un faux étudiant qui vient juste piquer la place de travailleurs acharnés. Tu te dis que ton après-midi va être productive, que tu reprends contrôle de ta vie.

Mais quand tu t’installes à ta place, tu es pris d’un sentiment de malaise. Tu ne comprends pas d’où vient cette gène, et pourquoi tes voisins ne semblent pas la ressentir. Et c’est à ce moment que tu réalises comme cette pièce est blanche. Je ne parle pas du manque de mixité ethnique de notre université, mais de l’allure d’hôpital qu’a sa bibliothèque. Ta table est un service entier, chacun à son rôle.

1 – Le chirurgien

Il est assis à coté de toi et rédige un devoir avec une rapidité qui t’effraie. Ses coups de crayons sont nets et précis, il ne fait pas de faux pas. Ses yeux balaient rapidement l’affreux arrêt de chambre commerciale, qu’il surligne à coup de scalpel. Ayant ouvert l’arrêt de façon parfaite, il extrait avec un calme incroyable la vie de ce cadavre pour l’insuffler dans sa copie.

2 – L’urgentiste

Il tente de cacher sa panique, mais la situation est critique. Sa carrière étudiante est étalée devant lui, gisante dans son échec. Il ne veut pas avouer que sa réussite est sur le point de succomber, et tu l’observes se battre courageusement, tenter de la faire vivre un peu plus longtemps. Il réussira parfois, soit par chance soit par génie, mais certains de ses confrères devront enterrer leur avenir.

3 – L’externe

Il ne comprend pas comment tant de responsabilités pèsent sur ses épaules si rapidement. Il n’a qu’un diplôme dans sa poche et on lui confie déjà trop de patients difficiles : droit admin, droit pénal, droit fiscal… Tu le vois alors feuilleter éperdument dans ses livres de cours pour tenter de trouver des réponses, mais il aurait besoin d’un sénior à ses cotés pour lui montrer la voie.

4 – L’interne

A l’inverse de l’externe, lui est d’un calme effrayant. Il aime bien observer ce dernier et se moquer, il ne se souvient pas être passé par là. Il connaît les baux, n’a plus peur des cas pratiques difficiles qu’il soigne sereinement. Même s’il est par moment débordé par le nombre d’options qu’il a pris, il ne laissera jamais paraitre de faiblesse pour continuer d’impressionner les petites infirmières de L1.

5 – Le chef de service

Tu ne comprends pas comment il est toujours là. Il arrive à la BU à 11h, prend une pause déjeuner de 2h, puis repart à 16h pour aller donner des petits cours aux étudiants paumés de la Sorbonne. Mais avec ça il continue de majorer, vole les infirmières de l’interne et est craint et respecté par tous. L’interne le jalouse car il est persuadé être meilleur que lui, mais ne peut prendre sa place car la direction (les chargés de TD) ne le porte pas dans son cœur.

6 – TOI

C’est alors que tu te rends compte de qui tu es. Tu réalises que tu ne peux même pas prétendre entrer dans cette compétition. Tu ne parviens pas à sauver ta moyenne dont le risque cardiaque chute dangereusement. C’est à ce moment que tu comprends que tu ne peux la guérir, que tu n’es pas médecin. Tu es le malade, la réussite s’écoule de ton corps en flot de sang, par les plaies de tes soirées.

Assassien, n’essaye donc pas de jouer au héros. Accepte ton sort ; reste calmement dans ton lit d’hôpital et attend que quelqu’un vienne te sauver. (Bon, comme ça n’arrivera pas tu peux toujours partir à la Sorbonne).

Arthur de Palézieux.


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