[INTERVIEW] Olivier Truchot : Une Grande Gueule à coeur ouvert

 

Sans titre.pngVous l’avez sans nul doute vu sur BFM TV présentant BFM Story ou entendu sur RMC à l’heure du déjeuner animant l’incontournable émission « Les Grandes Gueules ».

Aujourd’hui, pour parler journaliste, journalisme, médias et actualité politique, La Pravd’Assas s’est entretenue avec la plus grande gueule du PAF : Olivier Truchot !

Journaliste et journalisme

Lorsque l’on lui demande les qualités pour être journaliste, celui qui a maintenant 24 ans de journalisme derrière lui répond clairement « il faut être curieux, volontaire, et débrouillard ». Il y a une raison à cela ; le métier de journalisme évolue, le nombre de médias augmente mais le nombre de carte de presse stagne depuis 20 ans. « C’était déjà compliqué à l’époque où j’ai démarré » se souvient-il. « Aujourd’hui, le journalisme demande de plus en plus d’étude et avec un niveau de rémunération qui n’est pas très élevé et des statuts souvent précaires ». Si c’est « un métier passionnant », il faut que cela soit une vocation, il faut être « passionné, sinon, on abandonne ».

Du surcroit, le journalisme en France reste atypique. On peut définir plusieurs sortes de journaux : « il existe des journaux d’opinion comme Libération ou même Le Figaro et des journaux un peu plus neutres comme Le Parisien au sein de la presse écrite. Cela a toujours été le cas ». Reste qu’en France, « on mêle souvent opinion et information au contraire de la presse anglo-saxonne où la distinction est plus nette ».

RMC n’est pas dans ce cas, c’est une radio qui « revendique le fait d’être une radio d’opinion ».

La radio et les Grandes Gueules

Mais alors, pourquoi avoir choisi la radio ? « C’est un vrai choix… Ce que j’aime à la radio c’est que c’est vraiment le média d’information dans le sens où c’est toujours en direct, ensuite c’est plus rapide dans le sens où lorsqu’une information tombe, on peut tout de suite la donner alors qu’à la télévision il y a quand même des paramètres techniques, de l’habillage… En presse écrite, il faut passer par l’impression ». La radio reste aussi un média intime qui « accompagne les gens chez eux, dans la voiture, sous la douche ». On se sent proche d’animateurs que l’on ne voit pas mais avec qui l’on a un rendez vous quotidien ou hebdomadaire.

Mais Olivier Truchot a réellement pris son envol avec l’émission de débat d’actualité Les Grandes Gueules. « L’idée des Grandes Gueules au départ est assez simple : plusieurs gens autour d’un micro, qui travaillent et dont le métier n’est pas d’être journaliste ou animateur radio et viennent parler de l’actualité en fonction de leur expérience. Il y a un ton convivial, on peut s’engueuler mais on est content de se retrouver la semaine d’après, un peu comme un repas de famille ! ». Cependant, il le confesse volontiers, il aurait aimé avoir une personnalité politique ayant quitté la machine politique. Cela est néanmoins difficile cependant car, à l’inverse des US ou plusieurs talk show sont animés par d’anciennes personnalités politiques « en France, les carrières sont très longues et les politiques ne décrochent jamais ». Il a bien tenté de recruter Jean Louis Broloo mais celui-ci est vite re rentré dans la vie politique.

La campagne politique et les médias

Bien qu’animant un show sans langue de bois, l’animateur n’échappe pas, comme ses confrères, aux accusations de favoritisme pour un candidat ou un autre. Cela ne l’atteint pas. Tout d’abord par ce que, « dans ce groupe, on nous fout une paix royale. Et puis en général, lorsqu’un politique appelle, c’est la direction qui sert en quelque sorte de punching ball ».

Ensuite, par ce qu’il n’est pas dupe, « En 2011, pendant la primaire socialiste sur BFM TV, Nicolas Sarkozy appelait nos patrons pour dire « c’est scandaleux, que les journalistes roulaient pour Hollande, qu’on voulait sa mort etc. ». Ensuite Hollande a été élu, six mois après ont commencé les difficultés et Hollande a appelé en disant « c’est dégueulasse, BFM TV est contre moi » et donc on était accusé d’être pro-opposition. Ensuite, Fillon a commencé à avoir ses ennuis judiciaires c’était de notre faute. Macron a eu une hausse dans les sondages, c’était aussi grâce à nous…Marine le Pen nous accuse d’être pro Macron… Enfin voilà, sincèrement, c’est classique. Quand les politiques sont en difficulté c’est à cause des médias et quand ils vont bien, on dit que c’est aussi grâce aux médias ».

Quand à cette histoire de médias Pro Macron, notre GG préfère en rire : « On a l’habitude, cette histoire de Macron elle repose sur BFM qui a sorti cela : comme Patrick Drahi a racheté SFR quand Macron était à Bercy, on serait tous macroniste. De plus, forcément, Drahi vote Macron et ensuite forcément, Drahi nous appellerait pour nous dire de faire en sorte que Macron gagne. Donc voilà c’est ce genre de raisonnements qui ne reposent sur rien ».

Mais il l’assure, « s’il y a bien un endroit où les journalistes ont la liberté c’est bien ici ! »

Un avenir politique incertain

Cette élection reste aussi très incertaine quant à l’avenir des grands partis : « si Hamon est battu par Mélenchon, il ne pourra pas prendre la tête du Parti socialiste et quelqu’un d’autre reprendra le PS. Tout dépend du nombre de députés qui seront présent à l’Assemblée. Il ne faudrait pas que le groupe du PS soit moins important que celui du FN, ce qui est possible ».

Pour lui un second tour Macron-Le Pen serait déjà historique, « dans le sens où c’est la première fois sous la Vème République que ni la gauche, ni la droite ne serait qualifiée pour passer le 2nd tour ».

Cependant, le nœud du problème reste l’élection législative, si Macron gagne, le problème risque d’être la majorité parlementaire… « Je ne pense pas qu’En Marche aura la majorité absolue, donc il faudra trouver un appui…on va assister à une recomposition de la vie politique ».

Olivier Truchot semble pourtant convaincu que la victoire de Marine Le Pen reste très difficile : « Le problème avec Marine le Pen, c’est que lorsqu’elle fait un beau score, environ 6 millions, elle doit tout de même en faire environ 18 millions pour être élu au 2nd tour. Ce qui revient à tripler son score et me paraît tout de même compliqué. Tout est possible mais cela semble quand même peu probable ».

                                                                                                                     Le pôle interview


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